Œuvre
La Difficulté d'être
Car la jeunesse sait ce qu'elle ne veut pas avant de savoir ce qu'elle veut.
Je me reproche d'avoir dit trop de choses à dire et pas assez de choses à ne pas dire.
La poésie cesse à l'idée. Toute idée la tue.
La prose n'est pas une danse. Elle marche.
Qu'est-ce que la France, je vous le demande? Un coq sur un fumier. Otez le fumier, le coq meurt. C'est ce qui arrive lorsqu'on pousse la sottise jusqu'à confondre tas de fumier et tas d'ordures.
Que la jeunesse avance par injustice, c'est justice. Car promptement arrive l'âge du recul.
Ce que le lecteur veut, c'est se lire. En lisant ce qu'il approuve, il pense qu'il pourrait l'avoir écrit. Il peut même en vouloir au livre de prendre sa place, de dire ce qu'il n'a pas su dire, et que selon lui il dirait mieux.
Excellente est l'attitude de celui qui a bien employé le temps qu'on lui octroie et ne s'est pas mêlé d'être son propre juge. La durée humaine n'appartient qu'à ceux qui pétrissent la minute, la sculptent et ne se préoccupent pas du verdict.
L'art existe à la minute où l'artiste s'écarte de la nature. Ce par quoi il s'en écarte lui donne le droit de vivre.
L'art ne vaut à mes yeux que s'il est la projection d'une morale. Le reste est décoratif.
Il faut bien comprendre que l'art ... n'existe pas en tant qu'art, en tant que détaché, libre, débarrassé du créateur, mais qu'il n'existe que s'il prolonge un cri, un rire ou une plainte.
Les critiques jugent les oeuvres et ne savent pas qu'ils sont jugés par elles.
S'attendrir embrouille l'âme.