Œuvre
L'homme qui a vu l'ours (2006)
Bien que les paquebots, depuis le Titanic et même auparavant, aient toujours été plus ou moins destinés à finir échoués, engloutis, torpillés, dévastés par le feu, éventrés par des icebergs ou éperonnés par leurs congénères, il était d'usage, au moins jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, d'apporter un certain soin à leur présentation.
Malgré quelques tentatives de restauration, dans les années 1950 et 1960 - presque toujours lamentables sur le plan de l'architecture intérieure et de la décoration -, le Seconde Guerre mondiale a bel et bien consommé la disparition des grands paquebots de lignes. Avant de s'offrir aux torpilles et aux bombes, avant de disparaître dans les eaux glacées ou dévorés par les flammes, quelques-uns se couvrent fort à propos de stupéfiantes peintures de guerre, sous prétexte de tromper l'ennemi sur leur identité, leur taille ou leur vitesse, et c'est ainsi qu'ils nous émeuvent le plus, détournés brutalement de leur destination luxueuse et mondaine, tout peinturlurés, armés pour de titaniques catastrophes.