Œuvre

L'Homme, cet inconnu

L'éminence même d'un spécialiste le rend plus dangereux.
L'esprit n'est pas aussi solide que le corps.
L'ignorance et la pauvreté ont les mêmes effets que la richesse.
La beauté est une source inépuisable de joie pour celui qui sait la découvrir.
Le corps et l'âme sont des vues prises du même objet à l'aide de méthodes différentes.
Le principe démocratique a contribué à l'affaissement de la civilisation en empêchant le développement de l'élite.
Peut-être la civilisation moderne nous a-t-elle apporté des formes de vie, d'éducation et d'alimentation qui tendent à donner aux hommes les qualités des animaux domestiques.
Pour celui qui sait observer, chaque homme porte sur sa face la description de son corps et de son âme.
Tous les grands hommes sont doués d'intuition. Un vrai chef n'a besoin ni de tests psychologiques, ni de fiches de renseignements pour choisir ses subordonnés.
C'est la sélection des détails et non pas leur nombre, qui donne à un portrait sa ressemblance.
Certes les êtres humains sont égaux. Mais les individus ne le sont pas. L'égalité de leurs droits est une illusion. Le faible d'esprit et l'homme de génie ne doivent pas être égaux devant la loi.
Chaque homme est une histoire qui n'est identique à aucune autre.
Il faut plus d'imagination, de jugement, et d'intelligence pour devenir un grand médecin que pour devenir un grand chimiste.
L'intelligence est presque inutile à celui qui ne possède qu'elle.
Le nombre immense des données que nous possédons aujourd'hui sur l'homme est un obstacle à leur emploi. Pour être utilisable, notre connaissance doit être synthétique et brève.
La destinée naturelle de toutes les civilisations est de grandir et de dégénérer, et de s'évanouir en poussière.
Seuls, la peur, l'enthousiasme, l'esprit de sacrifice, la haine ou l'amour peuvent donner la vie aux créations de l'esprit.
L'humanité doit se donner un cerveau immortel qui puisse la guider sur la route où en ce moment elle chancelle.
Nous cherchons instinctivement dans l'univers la clarté et l'exactitude de notre pensée.
Souvent ceux qui sont capables de réfléchir deviennent malheureux.
Les êtres humains n'ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation.
Les hommes de sciences ignorent où ils vont. Ils sont guidés par le hasard, par des raisonnements subtils, par une sorte de clairvoyance.
L'homme devrait être la mesure de tout. En fait, il est un étranger dans le monde qu'il a créé. Il n'a pas su organiser ce monde pour lui, parce qu'il ne possédait pas une connaissance positive de sa propre nature.
L'adhésion de notre esprit à un système quelconque change l'aspect et la signification des phénomènes observés par nous. De tous temps, l'humanité s'est contemplée à travers des verres colorés par des doctrines, des croyances et des illusions.
La difficulté ou l'obscurité d'un sujet n'est pas une raison suffisante pour le négliger.