Œuvre
L'Homme, cet inconnu
L'impossibilité de définir une chose ne signifie pas sa non-existence.
Nous possédons beaucoup de travailleurs scientifiques, mais très peu de vrais savants.
Le meilleur moyen d'augmenter l'intelligence des savants serait de diminuer leur nombre.
Ce qui est spécifique de nous-mêmes ne possède pas de dimensions physiques. La place que nous occupons dans le monde ne dépend certainement pas de notre volume.
Il est plus facile de connaître les caractères des êtres humains que ceux des sociétés humaines.
Le corps et l'âme sont des vues prises du même objet à l'aide de méthodes différentes, des abstractions faites par notre esprit d'un être unique.
Saisir la réalité, sans l'aide du raisonnement, nous paraît inexplicable.
La recherche de Dieu est une entreprise toute personnelle.
La pensée ne grandit que chez ceux qui sont capables d'amour et de haine.
La majorité des criminels ne sont pas dans les prisons.
Il existe en outre une classe d'hommes qui, quoique aussi dysharmoniques que les criminels et les fous, sont indispensables à la société moderne. Ce sont les génies.
L'humanité n'a jamais rien gagné par l'effort de la foule. Elle est poussée en avant par la passion de quelques individus, par la flamme de leur intelligence, par leur idéal de science, de charité ou de beauté.
L'amour stimule l'esprit quand il n'atteint pas son objet.
En général, ce n'est pas celui qui prie pour lui-même qui est guéri. C'est celui qui prie pour les autres.
On dirait qu'au milieu des merveilles de la civilisation moderne la personnalité humaine a une tendance à se dissoudre.
Le temps que nous observons dans la nature n'a pas d'existence propre. Il est seulement une façon d'être des choses.
C'est la qualité des êtres humains qui importe, et non leur quantité.
La mort est le prix que nous devons payer pour notre cerveau et notre personnalité.
La nécessité de choisir une seule route, parmi celles qui se présentent à nous, nous prive de voir les pays auxquels les autres routes nous auraient conduits.
Nous donnons aux choses une individualité arbitraire.
Le plus grand malheur que la civilisation scientifique a apporté aux hommes est l'oisiveté.
Le faible d'esprit et l'homme de génie ne doivent pas être égaux devant la loi.
Le sacrifice paraît une condition nécessaire à la vie.
Après tout, la civilisation a pour but, non pas le progrès de la science et des machines, mais celui de l'homme.
Après tout, c'est le développement de la personnalité humaine qui est le but suprême de la civilisation.