Œuvre

L'herbe des nuits (2012)

Les dimanches, surtout en fin d'après-midi, et si vous êtes seul, ouvrent une brèche dans le temps. Il suffit de s'y glisser.
Mais, après tout les vraies rencontres sont celles de deux personnes qui ne savent rien l'une de l'autre même dans une chambre d'hôtel.
On dirait que les lampes se sont usées avec le temps. Mais quelquefois un déclic se produit. Hier, j'étais seul dans la rue et un voile se déchirait. Plus de passé, plus de présent, un temps immobile. Tout avait retrouvé sa vraie lumière.
Depuis que j'écris ces pages, je me dis qu'il y a un moyen justement de lutter contre l'oubli. C'est d'aller dans certaines zones de Paris où vous n'êtes pas retourné depuis 30, 40 ans, et d'y rester un après-midi, comme si vous faisiez le guet.
Mais les dimanches, surtout en fin d'après-midi, et si vous êtes seul, ouvrent une brèche dans le temps.