Œuvre

L'Année du lion (2016)

23 citations · Deon Meyer · sur Dicocitations ↗
La Fièvre a été une épidémie tsunami. Trop rapide, trop mortelle. Malgré les protocoles, les systèmes et les vaccins, malgré l’activité paniquée de virologistes et d’épidémiologistes, de centres pour le contrôle et la prévention des maladies, les décisions de gouvernements et les interventions militaires – et parfois à cause de certaines de ces actions –, la Fièvre a décimé quatre-vingt-quinze pour cent de la population mondiale. En quelques mois seulement.
Je vais te dire ce qu’il y a de si intéressant dans la vie : on a beau tout planifier, la vie n’en fait qu’à sa tête. Avec toutes ses coïncidences, la vie t’ouvre des portes, et elle t’en ferme.
On sait que deux virus ont fusionné : un virus humain et un virus de chauve-souris. À l’époque on a beaucoup écrit là-dessus, avant que tout le monde ne meure. Un médecin a déclaré dans un magazine que personne ne savait exactement comment cela avait commencé, mais il a proposé un scénario. Quelque part en Afrique tropicale, un homme dort sous un manguier. Ses défenses immunitaires sont affaiblies car il est séropositif et n’est pas soigné. Il a déjà un coronavirus dans le sang. Ce n’est pas étonnant, le virus à couronne est assez répandu. À l’époque précédant la Fièvre, on en connaissait au moins quatre qui étaient responsables de symptômes grippaux chez l’homme.
Maintenant, l’homme a les deux coronavirus dans le sang et ils se multiplient dans ses voies respiratoires. Et leur matériel génétique se mélange. Un nouveau coronavirus est né – un virus qui se transmet facilement et qui cause une maladie très grave.
Tous les pays développés ont mis au point des protocoles en cas de maladies mortelles transmissibles. La plupart des pays en voie de développement ont même des stratégies détaillées pour parer à cette éventualité. Il y a des directives et des systèmes prévus en cas d’épidémie. En théorie, ils devraient fonctionner. Mais la nature se moque des théories. La faillibilité humaine se moque des théories .
Quatre-vingt-cinq pour cent des crimes sont liés à la violence domestique, aux drogues ou à l’alcool et concernent majoritairement des communautés défavorisées.
Voilà ma philosophie : Nous sommes des animaux. Des animaux sociaux. Des animaux sociaux domestiqués. Avec une mince couche de civilisation. Des créatures dociles quand tout va bien, quand les conditions sociales demeurent normales et paisibles. Mais si on perturbe ces conditions, la couche s’efface. Alors, on devient sauvages ; on devient des prédateurs, des tueurs et on chasse en meutes.
Il y a eu la peur d’une nouvelle épidémie, une nouvelle vague mortelle qui pouvait nous engloutir.
Facebook. Quelle horreur. Pour moi, c'était la quintessence de tout ce qui n'allait pas dans la société. Tu as tous ces amis, mais ce ne sont pas de vrais amis ; ce sont des gens pour qui tu postes des photos de ton déjeuner et ton souper et ton joli petit chat. Comme si ça pouvait les intéresser.
On est comme ça, les êtres humains. Quand on a quelque chose pour rien, on prend toujours plus qu'il ne faut. Qu'on ne fasse pas pareil ici. C'est un nouveau départ. Prenons ce dont on a besoin, ce qui est nécessaire pour notre existence, pour notre avenir et pour le bon ordre ici, pareil pour ce qui est de l'hébergement et des maisons. Nous ne sommes que les premiers arrivants. Nous ne serons pas les derniers.
On est comme ça, les êtres humains. Quand on a quelque chose pour rien, on prend toujours plus qu'il ne faut.
Elle démontra que dépenser des milliards de dollars - pour la plupart en vain - afin de sortir l'Afrique de son cycle de pauvreté revenait juste à changer les chaises longues de place sur le pont du Titanic qu'était la planète Terre. Cela ne servait à rien si l'on ne mettait pas fin au réchauffement global, et si l'on n'inversait pas la tendance.
Les enfants, il faut que vous sachiez que nous considérons votre éducation comme très importante. En temps normal, nous aurions voulu que vous ne fassiez rien d’autre qu’étudier. Mais nous ne vivons pas des temps normaux. C’est pourquoi les enfants à partir de dix ans iront à l’école une semaine sur deux, et pendant l’autre, ils aideront avec tout ce qu’il y a à faire
Nous ne pouvons voir qu'avec nos propres yeux. Même à l'âge adulte, l'objectivité est un leurre.
Quand il s’agit des eaux troubles de la mémoire, on est seul avec ses propres souvenirs – parfois pas fiables, parfois déformés – et les histoires des autres. On est exposé aux désirs et aux peurs de l’Ego qui ne se rappelle que certains événements et pas d’autres.
Tu sais comment c'est quand on se souvient parfaitement de certaines choses ? Pour moi, c'est carrément lié à l'odorat. Une odeur évoque toujours un souvenir très clair. Mais ce jour là, il n'y avait pas d'odeur, je me rappelle un paysage, une scène, parce qu'elle était d'une beauté fulgurante et parce que je me suis dit qu'il fallait que je m'en souvienne car elle était la dernière chose que je verrais.
Il y a un temps pendant lequel on se sent coupable d’avoir survécu et on se demande pourquoi, vu qu’on a mené une vie de con. Mais on s’y habitue.
Les gens on fait beaucoup de tort à la Terre. Je me demande, n'est-ce pas la Terre qui aurait envoyé la Fièvre ?
Ils ne se sont pas demandés ce qui se passerait dans le cas d'une catastrophe mondiale. Ils ont modifié les semences pour qu'elles ne servent qu'une fois. On mangeait la récolte et c'était inutile de garder des graines pour les semer ensuite car elles étaient programmer pour l'échec. Donc, il fallait retourner acheter leurs semences à eux. Très beau modèle d'entreprise - sauf que ces entreprises ont été emportées par le vent et les semences sont restées.
Tous les pays développés ont mis au point des protocoles en cas de maladies mortelles transmissibles. […] Il y a des directives et des systèmes prévus en cas d’épidémie. En théorie, ils devraient fonctionner. Mais la nature se moque des théories. La faillibilité humaine se moque des théories.
L’espèce humaine ne peut pas changer , l’homme ne peut tout simplement pas changer. L’évolution nous a programmé pour continuer à consommer jusqu’à ce que tout ait disparu.
J'ai demandé à Père s'il pensait que nous allions tomber malade. Il m'a répondu que les gens allaient trouver une solution, les médecins, les gouvernements et les instituts scientifiques, je ne devais pas m'inquiéter. L'humanité a toujours un plan de secours.
Le passé est comme un fleuve. On ne se souvient pas de toute l’eau qui a coulé. C’est pourquoi, quand on y pense, on se rappelle d’abord les épaves, les détritus que les tempêtes et les inondations ont laissés sur les bords.