Œuvre

L'Amant de Lady Chatterley (1928)

L'amour n'est qu'une forme de conversation où les mots sont mis en action au lieu d'être parlés.
L'obscénité n'apparaît que si l'esprit méprise et craint le corps, si le corps hait l'esprit et lui résiste.
La santé de l'esprit a sa racine dans les couilles.
En faisant l'amour nous avons fait naître une flamme. Même les fleurs sont créées par l'accouplement du soleil et de la terre. Mais c'est une chose délicate qui demande de la patience et une longue attente.
Il n'y avait qu'une seule classe de nos jours: les gens d'argent. On ne différait que par la quantité d'argent qu'on avait ou dont on avait besoin.
L'amour pourrait être une sorte de conversation normale et physique entre un homme et une femme. On ne parle à une femme que si on a des idées en commun avec elle, du moins si c'est une conversation désintéressée.
La seule assurance qu'on puisse prendre contre l'avenir, c'est de croire à ce qu'on a de meilleur en soi, et à la puissance qui est au-delà.
Même si l'on n'avait plus que dix minutes à vivre, on avait encore besoin de quelques sous pour une chose ou une autre. Ne serait-ce que pour aller à la machine, il était indispensable d'avoir de l'argent. Rien d'autre n'est indispensable. C'est comme ça.
Regardez-vous, regardez-vous donc vous-même : une épaule plus haute que l'autre, des jambes tordues, des pieds tout déformés ! Qu'avez-vous fait, qu'êtes-vous devenus à tant travailler ? Vous vous êtes abîmés. Nul besoin de tant travailler.
Peu à peu, en vivant ensemble, deux personnes découvrent une sorte d'unisson et vibrent, intimement mêlées l'une à l'autre.
Il faut qu'une femme vive sa vie, ou bien le jour viendra où elle se repentira de ne pas l'avoir vécue.