Œuvre

Kean (1836)

Toute vengeance est permise du moment où elle atteint le coupable.
Il y a quelque chose de plus lâche qu'un homme qui refuse de se battre, c'est un homme qui s'attaque à une femme qui ne peut pas lui répondre.
Il n'y a d'amitié qu'entre égaux.
Un pareil soupçon ne laisse aucun moyen de refus ; en amour, qui doute accuse.
On joue pour mentir, pour se mentir, pour être ce qu'on ne peut pas être et parce qu'on en a assez d'être ce qu'on est.
On joue pour ne pas se connaître et parce qu'on se connaît trop.
On joue les héros parce qu'on est lâche et les saints parce qu'on est méchant.
On joue les assassins parce qu'on meurt d'envie de tuer son prochain, on joue parce qu'on est menteur de naissance.
On joue parce qu'on aime la vérité et parce qu'on la déteste. On joue parce qu'on deviendrait fou si on ne jouait pas. Jouer ! Est-ce que je sais, moi, quand je joue ? Est-ce qu'il y a un moment où je cesse de jouer ?