Œuvre

Jean-Christophe (1904-1912)

Un héros, c'est celui qui fait ce qu'il peut.
On ne vit pas pour être un homme. Souffre. Meurs. - Mais sois ce que tu dois être: un Homme.
En l'absence de l'âme, le corps va son chemin.
Une femme bruyante et acariâtre qui ne le comprenait pas, qui le traitait de fainéant ou de fou.
Cette horrible peur ... de mourir avant l'âge l'obsédait, l'accablait, le talonnait à la fois.
Louise, passive, résignée, a accepté ce malheur, comme elle accepte tout.
Il avait des accointances parmi les hommes au pouvoir, et jusque dans le monde de la police.
Mais Christophe était affligé d'un besoin de sincérité gênant, qui lui inspirait des scrupules à tout propos.
Sous l'affublement des grands mots, des panaches, des parades de théâtre ...
Il lisait énormément et se tenait à l'affût de toutes les idées neuves ...
Peut-être percevait-il l'agacement de Christophe, dont le premier mouvement était toujours d'impatience, lorsqu'il voyait paraître à la porte la figure barbue ...
Sa résistance rendait les insistances plus vives et plus narquoises; les objurgations des parents s'y mêlaient, agrémentées de quelques claques, quand l'esprit de révolte soufflait trop impertinemment.
Cette tyrannie de maître d'école, ce ton criard, ces discussions oiseuses, cet ergotage aigre et puéril ...
Il se cherchait à travers l'amas de sentiments acquis, que l'éducation impose à l'enfant comme une seconde nature.
Si un sacrifice est une tristesse pour vous, non une joie, ne le faites pas, vous n'en êtes digne.
Elle était uniformément douce, pâle, engourdie, anémique, étiolée.
Il n'est pas de belle cause, ni de bonnes gens, qui, vus sous un certain angle, avec un certain grossissement, n'offrent des côtés ridicules.
Cette angoisse de la mort tortura des années son enfance ... seulement corrigée par le dégoût de la vie, la tristesse de sa vie.
Quand rien n'entrave l'action, l'âme a bien moins de raison pour agir ... quand le temps est compté et les paroles mesurées, on ne dit rien de trop et on prend l'habitude de ne penser que l'essentiel. Ainsi on vit double, ayant moins de temps à vivre.
Un héros, c'est celui qui fait ce qu'il peut. Les autres ne le font pas.
Il faut aimer la vérité plus que soi-même, mais son prochain plus que la vérité.
Le vrai artiste ne s'occupe pas de l'avenir de son oeuvre.
Quans un homme de cette sorte avoue une ignorance, c'est pour en tirer vanité.
Les idées s'offraient presque toujours à l'état brut: il fallait les dégager péniblement de la gangue.
Il est des esprits qui ne voient bien les choses qu'après qu'elles sont passées. Mais alors, rien ne leur échappe, les moindres détails sont gravés au burin.