Œuvre

Interview de Sophie Marceau, Paris Match, le 10/06/2012 par Ghislain Loustalot

J'ai toujours fait attention à moi mais je ne suis pas Madonna, je ne passe pas mon temps à faire du jog­ging ou à manger de l'herbe. J'ai une vie saine, peut-être un peu trop, même.
Je n'ai jamais aimé les hommes qui draguent de façon appuyée. Parfois, je sens un regard discret, un intérêt. Cela fait plaisir, forcément. Je deviens alors séductrice ; ça pique ma curiosité, j'ai envie de voir, de comprendre pour­quoi.
'aime que les gens se révèlent à moi, qu'ils me livrent leur jardin se­cret. J'aime également qu'on s'inté­resse à ma personne, le pire de tout, me semble-t-il, c'est l'indifférence. En fait, j'ai impression que les hommes ont un peu la pétoche quand ils m'abordent et je vous avoue que j'apprécie.
En fait, j'ai impression que les hommes ont un peu la pétoche quand ils m'abordent et je vous avoue que j'apprécie.
Je préfère le pacte d'amour au contrat administratif. La parole donnée me suffit. Le pari de vivre en équilibre, dangereux, risqué, c'est tout ce que j'aime.
J'ai toujours eu peur que le mariage ne m'entraîne dans l'obligation, dans une forme de routine, alors que ce qui compte c'est d'être dans le désir et la séduction per­pétuels.
Ce n'est pas l'aspect physique des hommes qui m'intéresse, c'est ce qui se dégage d'eux, leur fragilité, leur féminité, par exemple, bref, ce qu'ils ont dans la tête.
Dans une relation, j'ai be­soin de me sentir utile et que l'autre m'apporte également, qu'il me fasse grandir.
J'adore les couples très unis, comme deux potes, deux collabo­rateurs, deux partenaires dans tous les domaines.
Je mise beaucoup sur l'autre en toutes circonstances, en toute confiance, peut-être trop, même. Mais qu'importe ! Sinon tout cela ne vaut pas le coup d'être vécu.
Être un à deux, c'est l'expérience la plus intéressante et la plus créative qui puisse exister.
Je ne suis pas la mère Fouettard, mais je trouve que le gâchis est impardonnable, le laisser-aller me rend dingue. Je suis très exigeante avec moi-même et avec l'autre. Cela pourrait être terrifiant. Je tiens compte de la nature humaine. En face de quelqu'un d'hon­nête, il faut être tolérant. S'il donne le meilleur de lui-même, s'il fait de son mieux pour avancer, je trouverai tou­jours cela noble et remarquable. Et je continuerai à l'aimer.