Œuvre

Histoire de France (1924)

La tâche de l'historien consiste essentiellement à abréger. S'il n'abrégeait pas, - et la remarque n'est pas nouvelle, - il faudrait autant de temps pour raconter l'histoire qu'elle en a mis à se faire.
L'acquiescement des masses rurales et de la bourgeoisie à ce régime dictatorial était spontané.
Depuis longtemps déjà l'Empire romain agonisait.
Les Capétiens n'allaient pas, d'un coup de baguette magique, guérir les effets de l'anarchie.
Presque toujours les gens ont trouvé que les choses allaient mal. Sous Louis XII, c'est un concert de bénédictions.
Ainsi la monarchie de Juillet était discréditée, ébranlée par ceux qui l'avaient faite, par ces élus censitaires qui sciaient la branche sur laquelle ils étaient assis.
Que cette noblesse française était étrange! Tantôt fidèle, dévouée, prête à verser son sang, décimée à Crécy, décimée à Poitiers, décimée à Azincourt; tantôt insoumise et dressée contre l'Etat.
En intervenant, presque à la dernière heure, avec des forces toutes fraîches, les Etats-Unis contribuaient à la chute de l'Allemagne. Ils la démoralisaient surtout en lui retirant l'espoir de vaincre.
Ces guerres de province à province et de clocher à clocher étaient une des désolations de l'anarchie féodale.
La fusion des races a commencé dès les âges préhistoriques. Le peuple français est un composé. C'est mieux qu'une race. C'est une nation.