L'optimisme est la foi des Révolutions.
Auteur
Jacques Bainville
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Le pouvoir d'oublier, très fort chez les individus, l'est encore plus dans les sociétés humaines.
Les vieux se répètent et les jeunes n'ont rien à dire. L'ennui est réciproque.
Les générations sont solidaires à travers le temps et à travers les sottises.
Il me semble que Napoléon serait content de tous les livres dont il fait le sujet. C'était un auteur. Au silence, il préfère toujours l'éreintement.
Sauf pour la gloire, sauf pour l'art, il eût probablement mieux valu qu'il n'eût pas existé.
L'homme, à toutes les époques et dans tous les siècles, se ressemble, il a les mêmes passions, il raisonne et il se comporte de la même manière dans les mêmes cas. C'est le point capital. Hors de là, il n'y a qu'erreur et fantaisie.
Ce qui contribue à donner à l'histoire les plus fausses couleurs, ce sont les mémoires.
La tâche de l'historien consiste essentiellement à abréger. S'il n'abrégeait pas, - et la remarque n'est pas nouvelle, - il faudrait autant de temps pour raconter l'histoire qu'elle en a mis à se faire.
En politique ce qui est inutile est souvent nuisible.
Il y a une autre liberté que la liberté politique, c'est celle qui se gagne par rapport aux idées reçues.
Ce qui est curieux, ce n'est pas tant qu'on ait tout dit, mais qu'on ait tout dit en vain, de sorte que tout est toujours à redire.
Ayant dit un nombre prodigieux de sottises, la Révolution en a fait encore dire plus!
L'acquiescement des masses rurales et de la bourgeoisie à ce régime dictatorial était spontané.
Depuis longtemps déjà l'Empire romain agonisait.
Les Capétiens n'allaient pas, d'un coup de baguette magique, guérir les effets de l'anarchie.
Presque toujours les gens ont trouvé que les choses allaient mal. Sous Louis XII, c'est un concert de bénédictions.
Ainsi la monarchie de Juillet était discréditée, ébranlée par ceux qui l'avaient faite, par ces élus censitaires qui sciaient la branche sur laquelle ils étaient assis.
Le Sénat lui-même abdiqua sa puissance devant le conquérant des Gaules. Encore une fois l'aristocratie républicaine était vaincue par la dictature. Le césarisme était né.
Que cette noblesse française était étrange! Tantôt fidèle, dévouée, prête à verser son sang, décimée à Crécy, décimée à Poitiers, décimée à Azincourt; tantôt insoumise et dressée contre l'Etat.
En intervenant, presque à la dernière heure, avec des forces toutes fraîches, les Etats-Unis contribuaient à la chute de l'Allemagne. Ils la démoralisaient surtout en lui retirant l'espoir de vaincre.
Ces guerres de province à province et de clocher à clocher étaient une des désolations de l'anarchie féodale.
Les peuples sont comme les enfants. Il faut leur résister pour leur bien.
Quand l'Etat sera nu et dépouillé, quand tout le monde sera pauvre, nous le verrons bien et nous ne ferons de reproche à personne, puisque tel est notre bon plaisir. C'est ce qu'on appelle le gouvernement du peuple par le peuple, ou démocratie.
L'injure du temps est moins redoutable que la brutalité, la maladresse et la négligence des hommes.