Œuvre

Fatou Cissé (1954)

A peu de temps de là, vers l'heure où la mer découvre, Cissé descendit à la côte. C'était jour de grande marée: tout le village était dans les roches basses.
Alors Khéba savait que le bateau à feu avait embouqué la passe, tout blanc et glissant vers la rade.
Il attendait, allongé sur sa natte, grignotant quelque boulette de riz, caressant de la paume les deux noix de kola qu'il offrirait tout à l'heure aux garçons. De penser à leur fraîche amertume, la salive lui coulait dans la bouche.