Œuvre

Esthétique (1832)

Lorsque (l'art) ne va pas au-delà de la simple imitation, il est incapable de nous donner l'impression d'une réalité vivante ou d'une vie réelle: tout ce qu'il peut nous offrir, c'est une caricature de la vie.
En disant ... que la beauté est idée, nous voulons dire par là que beauté et vérité sont une seule et même chose.
L'art, la religion et la philosophie ne diffèrent que par la forme; leur objet est le même.
Si l'on veut assigner à l'art un but final, ce ne peut être que celui de révéler la vérité, de représenter de façon concrète et figurée ce qui s'agite dans l'âme humaine. Ce but lui est commun avec l'histoire, la religion, etc...
On peut caractériser la poésie d'une façon plus précise, en disant qu'elle constitue, après la peinture et la musique, le troisième art romantique.
Aussi ne se rattache t-elle (la poésie) a aucune forme d'art, à l'exclusion des autres, mais elle est un art en général, capable de façonner et d'exprimer sous n'importe qu'elle forme tout contenu susceptible de trouver accès dans l'imagination.
Dans la hiérarchie des moyens servant à exprimer l'absolu, la religion et la culture issue de la raison occupent le degré le plus élevé, bien supérieur à celui de l'art.
Ce qu'une oeuvre d'art suscite en nous, c'est, en même temps qu'une jouissance directe, un jugement portant aussi bien sur le contenu que sur les moyens d'expression et sur le degré d'adéquation de l'expression au contenu.
La peinture doit aller ... jusqu'à la représentation de la simple apparence comme telle; c'est-à-dire jusqu'au point où le sujet devient quelque chose d'indifférent, et la création artistique de l'apparence l'intérêt principal.
Par l'oeuvre d'art, l'homme qui en est l'auteur cherche à exprimer la conscience qu'il a de lui-même.
L'universalité du besoin d'art ne tient pas à autre chose qu'au fait que l'homme est un être pensant et doué de conscience.
La réalité est une apparence plus trompeuse que l'apparence de l'art.
Le sensible peut avoir avec l'esprit plusieurs sortes de relations. La plus médiocre, la moins appropriée à l'esprit, c'est l'appréhension purement sensible.