Œuvre

Espèces en voie de disparition (2007)

Le soir tombait. Une poignée d'étoiles crépitaient déjà entre les branches. Pas de lune. Par les fenêtres ouvertes s'engouffrait le soir mouillé: ça sentait la sève de saule et le caillou froid.
On ne peut pas savoir de quoi est fait le noyau de l'autre, de quelle mystérieuse façon il arrive à tirer remède du poison que, comme chacun, il a bu.
Vous avez la vie sauve, l'air, le vent, la rivière verte, le ciel bleu, le temps et même l'espoir de sortir du temps! Vous êtes vivante!
Tous ceux qui aiment ou qui sont aimés savent bien qu'ils peuvent disparaître trop tôt.
Notre drôle de tendresse n'a pas plus de raison d'être que la mousse sur ce galet, que le noir de cette nuit, que le bleu clair sur l'aile de la sarcelle.