Œuvre
Enfantines (1918), Devoirs de vacances
On voit dans les journaux amusants, des plaisanteries sur les «enfants terribles»; pourquoi n'y a-t-il jamais de plaisanteries sur les «parents terribles?» C'est peut-être parce qu'ils sont vraiment trop terribles...
La botanique qu'on nous apprend est peut-être une science inventée exprès pour exercer l'esprit des écoliers? Qui sait si le latin même n'est pas une grande supercherie pédagogique?
Ce qui nous rebutait le plus dans nos études, c'était l'inutilité de nos travaux. Toujours s'exercer et ne jamais rien faire.
Et, au bout de chaque fable, il y avait une morale, quelque réflexion bien plate et bien prosaïque qui nous donnait l'impression que tout ce qui précédait n'avait été dit que pour en venir là; c'était comme une espèce de théorème: C.Q.F.D.
Lamartine a eu l'audace d'écrire qu'il désapprouvait l'usage de faire lire et apprendre aux enfants les fables de La Fontaine. Nous avons tous été bien contents lorsque nous avons appris cela.
Nous étions si pressés de devenir des hommes, pour n'être plus surveillés et pour être enfin un peu pris au sérieux, que nous ne demandions qu'à voir notre coeur se dessécher et nos illusions se flétrir.