Œuvre

De l'inconvénient d'être né (1973)

213 citations · Emil Cioran · sur Dicocitations ↗
J'ai toujours cherché les paysages d'avant Dieu. D'où mon faible pour le Chaos.
J'ai décidé de plus m'en prendre à personne depuis que j'ai observé que je finis toujours par ressembler à mon dernier ennemi.
On ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu'on n'oserait confier à personne.
Plus les hommes s'éloignent de Dieu, plus ils avancent dans la connaissance des religions.
Regarder sans comprendre, c'est le paradis. L'enfer serait donc le lieu où l'on comprend, où l'on comprend trop...
... c'est la volonté de donner notre maximum qui nous porte aux excès et aux dérèglements.
N'est profond, n'est véritable que ce que l'on cache. D'où la force des sentiments vils.
Aime à être ignoré.
L'essentiel n'a jamais exigé le moindre talent.
Ce n'est pas la peine de se tuer, puisqu'on se tue toujours trop tard.
... éthique du crépuscule ...
On a d'autant plus de prise sur ce monde qu'on s'en éloigne, qu'on n'y adhère pas. Le renoncement confère un pouvoir infini.
Il répugnait aux vérités objectives, à la corvée de l'argumentation, aux raisonnements soutenus. Il n'aimait pas démontrer, il ne tenait à convaincre personne. Autrui est une invention de dialecticien.
Je n'ai pas rencontré un seul esprit intéressant qui n'ait été largement pourvu en déficiences inavouables.
Etre objectif, c'est traiter l'autre comme on traite un objet, un macchabée, c'est se comporter à son égard en croque-mort.
Tout est unique - et insignifiant.
Dieu seul a le privilège de nous abandonner. Les hommes ne peuvent que nous lâcher.
Les penseurs de première main méditent sur des choses; les autres, sur des problèmes. Il faut vivre face à l'être, non à l'esprit.
Si l'on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ.
... la biographie d'une pensée ...
L'unique confession sincère est celle que nous faisons indirectement - en parlant des autres.
La conscience est bien plus que l'écharde, elle est le poignard dans la chair.
Faire le mal est un plaisir, non une joie. La joie, seule vraie victoire sur le monde, est pure dans son essence, elle est donc irréductible au plaisir, toujours suspect et en lui-même et dans ses manifestations.
Ce que les autres font, nous avons toujours l'impression que nous pourrions le faire mieux. Nous n'avons malheureusement pas le même sentiment à l'égard de ce que nous faisons nous-mêmes.
Nous ne comprenons ce qu'est la mort qu'en nous rappelant soudain la figure de quelqu'un qui n'aura été rien pour nous.