Il en est de la luxure comme de l'avarice: elle augmente sa soif par l'acquisition des trésors.
Œuvre
De l'esprit des lois (1748)
108 citations · Charles de Secondat, baron de Montesquieu · sur Dicocitations ↗
Rien ne donne plus de force aux lois que la subordination extrême des citoyens aux magistrats.
Les nations, qui sont à l'égard de tout l'univers ce que les particuliers sont dans un Etat, se gouvernent, comme eux, par le droit naturel et par les lois qu'elles se sont faites.
Je voudrais parler non pas à la mémoire de mes lecteurs, mais à leur bon sens, et l'on a plus tôt fini quand on parle au bon sens qu'à la mémoire.
Le partage des biens, les lois sur ce partage, les successions après la mort de celui qui a eu ce partage: tout cela ne peut avoir été réglé que par la société, et par conséquent par des lois politiques ou civiles.
Les peuples pasteurs ne peuvent se séparer de leurs troupeaux, qui sont leur subsistance; ils ne sauraient non plus se séparer de leurs femmes, qui en ont soin.
Le peuple qui a la souveraine puissance doit faire par lui-même tout ce qu'il peut bien faire; et ce qu'il ne peut pas bien faire, il faut qu'il le fasse par ses ministres.
C'est l'abondance et la rareté relative des monnaies des divers pays qui forment ce qu'on appelle le change.
Lorsque dans la république, le peuple en corps a la souveraine puissance, c'est une Démocratie. Lorsque la souveraine puissance est entre les mains d'une partie du peuple, cela s'appelle une Aristocratie.
C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites.
On peut se rappeler le temps du système, où toutes les choses avaient une grande valeur, excepté l'argent.
La société des femmes gâte les moeurs et forme le goût: l'envie de plaire plus que les autres établit les parures, et l'envie de plaire plus que soi- même.
C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser.
Aujourd'hui, nous recevons trois éducations différentes ou contraires: celle de nos pères, celle de nos maîtres, celle du monde. Ce qu'on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières.
Dans un temps d'ignorance, on n'a aucun doute, même lorsqu'on fait les plus grands maux ; dans un temps de lumière, on tremble encore lorsqu'on fait les plus grands biens.
Les politiques grecs, qui vivaient dans le gouvernement populaire, ne reconnaissaient d'autre force qui pût les soutenir que celle de la vertu. Ceux d'aujourd'hui ne nous parlent que de manufactures, de commerce, de finances, de richesses et de luxe même.
C'est dans le gouvernement républicain que l'on a besoin de toute la puissance de l'éducation.
La liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut.
La liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce qu'on doit vouloir.
Le commerce guérit les préjugés destructeurs ; et c'est presque une règle générale que partout où il y a des moeurs douces il y a du commerce ; et partout où il y a du commerce il y a des moeurs douces.
Les lois qui font regarder comme nécessaire ce qui est indifférent, ont cet inconvénient, qu'elles font considérer comme indifférent ce qui est nécessaire.
Les lois ne doivent point être subtiles, elles sont faites pour des gens de médiocre entendement.
Il est bon quelquefois que les lois ne paraissent pas aller si directement au but qu'elles se proposent.
Les hommes sont tous égaux dans le gouvernement républicain ils sont égaux dans le gouvernement despotique : dans le premier, c'est parce qu'ils sont tout dans le second, c'est parce qu'ils ne sont rien.
C'est la concurrence qui met un prix juste aux marchandises et qui établit les vrais rapports entre elles.