Œuvre
Courrier sud (1929)
Nous vivons les uns sur les autres en face de notre propre image, la plus bornée!
Chaque jour, pour l'ouvrier, qui commence à bâtir le monde, le monde commence.
La seule vérité est peut-être la paix des livres.
Veille tes amours comme un berger.
Nous sommes les maîtres des choses quand les émotions nous répondent.
Chaque femme contient un secret: un accent, un geste, un silence.
Rien n'est aussi menacé que l'espérance!
Les drames sont rares dans la vie. Il y a si peu d'amitiés, de tendresses, d'amours à liquider.
L'argent c'est ce qui permet la conquête des biens - mais la fortune, c'est ce qui fait durer les choses.
Aimer c'est naître.
Les bras de l'amour vous contiennent avec votre présent, votre passé, votre avenir, les bras de l'amour vous rassemblent...
Quand on s'abandonne on ne souffre pas. Quand on s'abandonne même à la tristesse on ne souffre plus.
Les étoiles mesurent pour nous les vraies distances. La vie paisible, l'amour fidèle, l'amie que nous croyons chérir, c'est de nouveau l'étoile polaire qui les balise...
Quel désordre aimable: non un désordre d'abandon, mais le désordre intelligent qui marque une présence. Il garde encore l'empreinte du mouvement.
Il sortait de la nuit comme un égoutier de sa caverne avec ses bottes lourdes, son cuir et ses cheveux collés au front.
Ainsi dans un wagon. Le bruit des essieux scande la fuite. Les essieux battent comme le coeur.
La flamme de la lampe. Il faut se hâter de nourrir la lampe. Mais il faut aussi protéger la flamme du grand vent qu'il fait.
Parfois du village un glas s'élevait, portant aux grillons, aux blés, aux cigales l'inexplicable mort.
A dix ans, nous trouvions refuge dans la charpente du grenier. Des oiseaux morts, de vieilles malles éventrées, des vêtements extraordinaires; un peu les coulisses de la vie.
Les étoiles mesurent pour nous les vraies distances. La vie paisible, l'amour fidèle, l'amie que nous croyons chérir, c'est de nouveau l'étoile polaire qui les balise.
Nous goûtions la fraîcheur, l'odeur, l'humidité qui renouvelaient notre chair. Nous étions perdus aux confins du monde, car nous savions déjà que voyager c'est avant tout changer de chair.
Il faut autour de soi pour exister des réalités qui durent.
Il ne savait pas encore s'il souffrait parce qu'il suivait une pente et que l'avenir venait à lui sans qu'il eût à s'en saisir. Quand on s'abandonne, on ne souffre pas. Quand on s'abandonne même à la tristesse on ne souffre plus.
Mais, les images, de quelle profondeur viennent-elles ? Ce matin, en se réveillant, il avait tout de suite pensé devant ce plafond bas et terne : Sa maison était un navire. Elle passait les générations d'un bord à l'autre.
Le voyage n'a de sens ni ici ni ailleurs, mais quelle sécurité on tire d'avoir son billet, sa cabine, et ses valises de cuir jaune. D'être embarqué...