Œuvre

Contes Persans (1928)

Rien n'est désagréable comme l'ironie. Celle d'un mort est la pire de toutes.
Songe que l'ironie est la plus grande source des consolations. Aide-la à ronger la douleur qui sommeille dans ton coeur comme dans celui de tous les hommes.
C’est le propre des femmes de n’être complètement heureuses en trompant leur mari que si celui-ci s’en doute et souffre en secret. C’est ce qui fait la faute de la femme plus grave que celle de l’époux, car elle engendre toujours la douleur, tandis que l’époux trompe sa femme en se cachant et en mettant tout en oeuvre pour qu’elle ne sache rien.
Le bonheur et le malheur sont parfois si près l’un de l’autre qu’ils se confondent. Notre coeur comme un pendule se balance toujours entre les deux.
Rien n’est désagréable comme l’ironie. Celle d’un mort est la pire de toutes.
Les malheurs que le sort nous donne améliorent notre entendement, ils situent chaque chose à son rang, ils installent la sagesse à la place de la félicité, l’amour de la vie à la place des sentiments, la bienveillance à la place de l’amitié. Pour en arriver là il faut parfois bien peu de chose