Œuvre
Comme un grain (2004)
Amoureux goûtent les lèvres - Sur l'arbre du sourire.
Les caresses sont un vent - Qui souffle du dedans.
Une lettre à l'aimée, c'est - L'encre embrassant le papier.
Quand le hibou chante, - La nuit est silence.
D'un enfant le sourire - Agrandit l'univers.
Corps est rosée du matin - Qui brille au lever des mains.
Ils demandent tous la confiance - Avec un appeau à chance.
Les pleurs baptisent les joues; - Trop plein d'un amour fou.
Quand on veut faire le petit ange, - Il faut moyens de Dieu, non d'ange.
Satan plagié par dictateur, - Et il n'a même pas de droits d'auteur !
Si Dieu était une flamme, - Il serait donc une femme.
Mais Dieu a pardonné aux hommes - Depuis l'infini qu'il promène.
On naît anonyme. - Car seul Dieu nous nomme.
Ainsi, la justice est longue, - Mais la prison est plus longue.
Mais quand le lion ouvre la gueule, - Tu ne mets ta tête pour qu'il n'hurle !
L'herbivore crie sous les crocs. - Il est trop tard pour les mots.
Et le mot de «tolérant» - Ne se colle avec du sang.
Le tueur se croit invulnérable. - En cela, il est vulnérable.
La bombe crie avant les victimes. - Mais terrorisme n'est une victime.
Qui montre ses dents - Cache sa langue dedans.
L'homme qui reste un homme dans la jungle - A plus de mérite qu'à la ville.
Mal aux dents a carnivore ? - N'en devient par herbivore.
Il saute dans l'eau pour éviter - L'incendie, mais le requin est.
La loi du silence - N'est pas «un ange passe».
La raison ne fait pas rêver, - Mais donne des raisons de rêver.