Œuvre
Blasphèmes judiciaires (1908)
Un confident est un complice.
La certitude est un rêve de l'orgueil.
L'avocat sera dupe ou fripon, le magistrat sera naïf ou féroce.
On ne féconde la loi qu'en la violant.
Les bons termes n'excluent pas les mauvais procédés.
L'équité est la plus dangereuse des utopies.
Sans amour, l'oeuvre judiciaire n'est qu'une débauche.
La justice civile est une cheminée, la justice répressive est un égout.
L'avocat qui amène son client à l'audience ressemble au mari qui conduit sa femme au bal.
La juridicité est une forme de sadisme.
Plaider, c'est pester en justice.
L'amitié entre deux magistrats n'est jamais qu'une conspiration contre un troisième.
Un avocat commercial est un avocat qui connaît le commerce.
Je crains la conscience du juge quand elle diffère de la mienne.
Le barreau est une maison de confiance qui vit de sa réputation.
La vérité est au fond, non pas d'un puits, mais d'un gouffre.
Il y a opposition d'intérêts entre la veuve et l'orphelin.
Je ne comprendrais jamais qu'une formule puisse obtenir l'adhésion de plus d'un esprit.
La canaille juridique est la pire de toutes.
Le droit est la porte de sortie en cas de danger.
Avocats, défiez-vous de la sirène financière, qui finit en queue de poisson!
Seigneur, protégez-moi contre mes juges! Quant à mes adversaires, je m'en charge.
Le blasphème est un acte de foi.