Œuvre
Baïkal-Amour (2018)
Voyager, c'est se déshabituer.
Le tragique particulier à beaucoup de paysages russes ne tient pas seulement à ce qu'on voit, mais à ce qu'on y lit des destins qui s'y sont fracassés, du sang et des larmes dont on les sait gorgés. La géographie y est tout intriquée d'Histoire.
Voyager, c'est se déshabituer. C'est aussi aller à la recherche d'une partie perdue de nous-mêmes, tellement perdue qu'on ne saurait dire en quoi elle consiste, ni même si elle a jamais existé.
Tout fuit, glisse, rien ne heurte, et soi-même on se dit qu'on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, que c'est pour ça qu'on voyage (même si c'est une illusion) : pour devenir aussi oiseau qu'on peut l'être.
Tout fuit, glisse, rien ne heurte, et soi-même on se dit qu'on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, que c'est pour ça qu'on voyage.
Le patriotisme est, je crois, la seule passion populaire qui demeure en Russie.
J'aime les trains russes, j’aime leur lenteur, pas plus de soixante kilomètres à l’heure en moyenne, qui permet de se laisser doucement engourdir par la monotonie du paysage