Voyager, c'est se déshabituer. C'est aussi aller à la recherche d'une partie perdue de nous-mêmes, tellement perdue qu'on ne saurait dire en quoi elle consiste, ni même si elle a jamais existé.

À lire aussi de Olivier Rolin

J'aime les trains russes, j’aime leur lenteur, pas plus de soixante kilomètres à l’heure en moyenne, qui permet de se laisser doucement engourdir par la monotonie du paysage
Tout fuit, glisse, rien ne heurte, et soi-même on se dit qu'on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, que c'est pour ça qu'on voyage (même si c'est une illusion) : pour devenir aussi oiseau qu'on peut l'être.
On sait que l'inertie bureaucratique est un des héritages de l'époque tsariste que le régime soviétique a su faire merveilleusement fructifier.
Il est étonnant de constater à quelle vitesse s'effacent les grandes vagues qui, un temps, soulèvent l'histoire du monde.
Le patriotisme est, je crois, la seule passion populaire qui demeure en Russie.
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Dans la même œuvre

Voyager, c'est se déshabituer.
Le tragique particulier à beaucoup de paysages russes ne tient pas seulement à ce qu'on voit, mais à ce qu'on y lit des destins qui s'y sont fracassés, du sang et des larmes dont on les sait gorgés. La géographie y est tout intriquée d'Histoire.
Tout fuit, glisse, rien ne heurte, et soi-même on se dit qu'on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, que c'est pour ça qu'on voyage (même si c'est une illusion) : pour devenir aussi oiseau qu'on peut l'être.
Tout fuit, glisse, rien ne heurte, et soi-même on se dit qu'on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, que c'est pour ça qu'on voyage.
Le patriotisme est, je crois, la seule passion populaire qui demeure en Russie.