Œuvre

Au secours pardon (2007)

Messieurs, notre but est simple: que trois milliards de femmes aient envie de ressembler à la même. Et mon problème est de trouver laquelle.
En cette époque où la jolie femme était devenue un trophée, certaines soirées ressemblaient à des concours de teckels: c'était à celui qui arborerait la plus fraîche bestiole à son bras.
Tout le monde voulait être unique, mais en réalité tout le monde avait envie de ressembler à la même couverture de magazine. … on croyait tomber amoureux, alors qu'on obéissait à une campagne «guess».
La Russie est passée directement de la privation aux privatisations.
Les filles qui font consommer les femmes sont celles qui excitent leur mari, les bombes, je les préfère sexuelles et les attentats, à la pudeur.
Le christ, quand je pense qu'il nous a ouvert les bras et qu'on en a profité pour le clouer sur place.
On n'a rien à perdre quand on aime personne.
A force de se retenir d'aimer on peut en perdre la capacité.
Nous avons tous un goulag intime, au fond de nous une injustice qui ne sera jamais digérée. Nous sommes tous des Russes amnésiques.
Ma mère m'a souvent mis en garde contre les mecs qui font de jolies déclarations d'amour: ce sont les plus dangereux, ils te font bien plus souffrir que ceux qui se contentent de vouloir te sauter.
J'avais aimé, j'aimerais encore, mais j'espérais pouvoir me passer de l'amour, ce sentiment ridicule accompagné de mouvements malpropres, comme dit Théophile Gauthier.
Auparavant, comme tout le monde, je faisais semblant d'être normal. La vraie folie surgit quand cesse la comédie sociale.
Je prenais l'amnésie pour le sommet de la liberté; c'est une maladie assez répandue de nos jours.
Le «roulis moral» cher à Dostoïevski est la façon la moins douloureuse d'envisager l'existence: on est à l'abri des bonnes surprises.
Dans notre monde blasé, seule l'innocence fait vendre.
Pourquoi les églises sont-elles fermées la nuit, au moment où l'on en a le plus besoin ? Parfois, je m'endormais sur le sol, devant la porte. A mes ronflements, les pigeons pouvaient deviner que je ne priais pas.
L'embêtant avec la résurrection, c'est qu'il faut mourir avant.
Ce n'est pas une nouveauté (Platon et Pascal avaient remarqué depuis longtemps que l'être humain fuit la réalité) mais le phénomène s'est accéléré. L'homme n'a plus qu'une idée : se changer les idées.