Rachel jouait un rôle presque de simple figurante, dans la petite pièce.
Œuvre
A la recherche du temps perdu, Le Côté de Guermantes (1921-1922)
78 citations · Marcel Proust · sur Dicocitations ↗
La vie en se retirant venait d'emporter les désillusions de la vie.
Il y a comme cala des mots nouveaux qu'on lance, mais ils ne durent pas. Dernièrement, j'ai lu comme cela qu'un écrivain était «talentueux». Comprenne qui pourra. Puis je ne l'ai jamais plus revu.
Une oeuvre est rarement tout à fait comprise et victorieuse, sans que celle d'un autre écrivain, obscure encore, n'ait commencé, auprès de quelques esprits plus difficiles, de substituer un nouveau culte à celui qui a presque fini de s'imposer.
On s'ennuie à dîner parce que l'imagination est absente, et, parce qu'elle nous y tient compagnie, on s'amuse avec un livre.
Chaque génération de critiques se borne à prendre le contrepied des vérités admises par leurs prédécesseurs.
Le besoin de parler n'empêche pas seulement d'écouter, mais de voir, et dans ce cas l'absence de toute description du milieu extérieur est déjà une description d'un état interne.
L'homme jouant perpétuellement entre les deux plans de l'expérience et de l'imagination voudrait approfondir la vie idéale des gens qu'il connaît et connaître les êtres dont il a eu à imaginer la vie.
On continue de brûler des cierges et de consulter des médecins.
En France on donne à toute chose plus ou moins britannique le nom qu'elle ne porte pas en Angleterre.
Nous travaillons à tout moment à donner sa forme à notre vie, mais en copiant malgré nous comme un dessin les traits de la personne que nous sommes et non de celle qu'il nous serait agréable d'être.
Les bons offices de l'entremetteuse font partie des devoirs d'une maîtresse de maison.
Que quelqu'un ait le même nom que vous, sans être de votre famille, est une grande raison de le dédaigner.
On ne peut bien décrire la vie des hommes, si on ne la fait pas baigner dans le sommeil où elle plonge et qui, nuit après nuit, la contourne comme une presqu'île est cernée par la mer.
Le monde dans lequel on vit pendant le sommeil est tellement différent que ceux qui ont de la peine à s'endormir cherchent avant tout à sortir du nôtre.
Les gens du monde ont tellement l'habitude qu'on les recherche que qui les fuit leur semble un phénix et accapare leur attention.
Dans une guerre celui qui n'aime pas son pays n'en dit pas de mal, mais le croit perdu, le plaint, voit les choses en noir.
Un changement de temps suffit à recréer le monde et nous-mêmes.
C'est une charmante loi de nature qui se manifeste au sein des sociétés les plus complexes, qu'on vive dans l'ignorance parfaite de ce qu'on aime.
Ce qui est au-dessus des forces de l'homme ne peut arriver que malgré lui, par l'action de quelque grande loi naturelle.
Cet amour-propre à vouloir paraître avoir gratuitement les marques apparentes de prédilection de celle qu'on aime, c'est simplement un dérivé de l'amour, le besoin de se représenter à soi-même et aux autres comme aimé par ce qu'on aime tant.
L'amour, et la souffrance qui fait un avec lui, ont comme l'ivresse le pouvoir de différencier pour nous les choses.
La vérité politique, quand on se rapproche des hommes renseignés et qu'on croit l'atteindre, se dérobe.
L'opinion que nous avons les uns des autres, les rapports d'amitié, de famille, n'ont rien de fixe qu'en apparence, mais sont aussi éternellement mobiles que la mer.
La jalousie, qui prolonge l'amour, ne peut pas contenir beaucoup plus de choses que les autres formes de l'imagination.