Quand un homme s'arrête pour regarder les nuages, il voit défiler le temps au-dessus de lui, un vent qui enjambe. Alors il faut se remettre debout et le rattraper.

À lire aussi de Erri De Luca

Les arbres de montagne écrivent dans l'air des histoires qui se lisent quand on est allongé dessous.
Je lui demandais des comptes, on ne doit jamais le faire entre ceux qui sont en amour. Il n'existe ni trahi, ni traître, ni juste, ni impie, l'amour existe tant qu'il dure et la ville tant qu'elle ne s'écroule pas.
Je ne peux admettre d'être pardonné, ce qui me laisse en dehors des croyants.
Chez nous, il existe une histoire drôle qui parle d'un cavalier qui ne sait pas faire de cheval et qui passe au galop à travers champs. Un paysan lui demande où il va et l'autre lui crie dans sa course : Demandez au cheval.
Ceux qui ont eu des enfants ont vu le temps grandir sur eux.
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Dans la même œuvre

Le cerveau de l'homme est un ruminant, il remâche les informations des sens, les combine en probabilités. L'homme est ainsi capable de préméditer le temps, de le projeter. C'est aussi sa damnation, car il en retire la certitude de mourir.
Un homme est ce qu'il a commis. S'il oublie, c'est un verre renversé, du vide enfermé.
Dans chaque espèce, ce sont les solitaires qui tentent de nouvelles expériences. Ils forment un quota expérimental qui va à la dérive. Derrière eux, se referme la trace ouverte.
L'hiver, l'homme doit seulement résister dans sa coquille. Il pense : aucune géométrie n'a calculé la forme de l'oeuf. Pour le cercle, la sphère, il existe le pi grec, mais pour la figure parfaite de la vie, il n'existe pas de quadrature.
Ce soir-là, il avait joué de l'harmonica pour l'assistance. C'était sa façon de rester avec les autres sans répondre aux questions.