Pourquoi voyager ? Je regarde la télévision et je vois que toutes les villes ressemblent à toutes les villes. Les grands immeubles en béton, ici, à cent mètres de chez moi, je les retrouve partout, au Brésil, en Argentine, au Pérou, aux Indes, partout c'est la même chose.

À lire aussi de Georges Simenon

Les gens ne valent pas tout le mal qu'on se donne pour qu'ils pensent du bien de vous. Ils sont bêtes!. Ce sont eux qui exigent que vous preniez des airs vertueux et c'est à qui trichera le plus.
Ils étaient arrivés en face d'une sorte de guinguette en planches qui, le dimanche, était entourée d'une foule avide de s'ébattre dans l'herbe et de manger des choses froides en écoutant le phonographe.
Des professionnelles de la galanterie.
Mai 68 a d'abord eu pour effet d'apprendre aux jeunes qu'ils comptaient dans la société, qu'ils avaient un véritable pouvoir. Et, deuxièmement, d'apprendre aux vieux qu'il fallait compter avec les jeunes. Avant, on se contentait de les punir. Maintenant, on n'ose plus. Un élève de classe terminale est déjà un citoyen à part entière et comme tel il a des droits. Du coup, le professeur, le censeur, le recteur... n'en ont plus autant.
J'écris parce que j'ai dès mon enfance éprouvé le besoin de m'exprimer et que je ressens un malaise quand je ne le fais pas.
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Dans la même œuvre

On demandait à Balzac : « Qu'est-ce qu'un personnage de roman ? » Il a répondu : « C'est n'importe qui dans la rue, mais qui va jusqu'au bout de lui-même. Tous tant que nous sommes, nous n'allons jamais au bout de nous-mêmes. Nous avons peur de la prison ou de choquer nos semblables ; soit par sensiblerie, par bonne éducation, comme on dit, pour quantités d'autres raisons. »
Le roman consiste à créer un groupe social quelconque, cinq ou six personnes, peu importe, autour d'un personnage central, et il ne reste plus à l'auteur que se mettre dans la peau de ce personnage central.
J'ai toujours eu envie d'écrire des romans. Je ne suis d'ailleurs pas le seul de cette espèce. Mais pour moi, c'était presque une recherche de moi-même. Ce que j'appelle la recherche de l'homme, c'est la recherche de moi-même puisque je ne suis qu'un homme comme les autres. En écrivant des romans, j'avais l'impression de me rapprocher de l'homme, d'entrer dans la peau des personnages.
Il y a des romans écrits par le subconscient, littéralement. On se met dans la peau d'un personnage, on ne sait pas du tout où il va nous mener. On le suit au jour le jour et ce n'est qu'au dernier chapitre qu'on sait ce qu'il lui arrive. Il doit aller jusqu'au bout de lui-même.
Créer des personnages, les porter à bras tendus, exige de se mettre dans la peau des autres. Le jour où j'ai compris que c'était devenu trop fatigant pour moi de me mettre encore dans la peau des autres, de créer encore des personnages, j'ai décidé d'arrêter. J'avais soixante-dix ans, c'était donc il y a un peu plus de deux ans. Et comme je voulais quand même faire quelque chose, je me suis mis à être mon propre personnage. Au lieu de chercher tout sur l'homme en étudiant les autres, essayer de le faire en m'étudiant moi-même.