Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous; enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.

À lire aussi de Charles Baudelaire

La nature n'est qu'un dictionnaire.
Comme tu me plairais, ô nuit! sans ces étoiles - Dont la lumière parle un langage connu! - Car je cherche le vide, et le noir, et le nu!
- Aujourd'hui, date fatidique, - Vendredi, treize, nous avons, - Malgré tout ce que nous savons, - Mené le train d'un hérétique.
Si l'Eglise condamne la magie et la sorcellerie, c'est qu'elles militent contre les intentions de Dieu, qu'elles suppriment le travail du temps.
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.
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Dans la même œuvre

Il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère.
Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance!
Il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas l'intensité; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l'Infini.
Jouir de la foule est un art.
Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui.