Le plus important en politique, et singulièrement internationale, est d'avoir une vision et une ligne cohérente. Peux-tu me dire quelles étaient celles de Barack Obama sur cet éternel dossier israélo-palestinien ? Je ne les connais pas ! Il a oscillé entre fatalisme, défaitisme et laisser-faire. Il a fait semblant d'être un médiateur alors qu'il n'a été, durant ses deux mandats, qu'un lointain observateur.
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Pour Houellebecq, Michel Onfray, et d'autres, c'est la fin programmée de la civilisation judéo-chrétienne. Je pense que les valeurs de cette civilisation ne sont pas sa faiblesse, son talon d'Achille, mais sa force. Un exemple concret : Arnaud Beltrame. On a dit qu'il s'était sacrifié. C'est tout l'inverse. C'est une véritable mission, une mission de vie. Il a opposé au terrorisme un vrai projet, un projet de spiritualité.
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Est-ce qu'on peut condamner des enfants aussi vite, sans essayer de les sauver ? Je ne suis pas du tout naïve, je les sais endoctrinés, mais ils ont le droit à une seconde chance. Je veux croire, on doit croire, qu'ils peuvent changer, se racheter, ne pas suivre le destin d'assassins qu'on leur promet, sinon le monde est foutu.
Je te le dis et te le répète, l'école redeviendra un facteur d'intégration, grâce aux professeurs. Ils incarnent les vecteurs de la cohésion sociale. C'est un métier que je respecte, non pas, parce que je l'ai exercé, plutôt parce que les enseignants ont la capacité de nous élever, de nous intéresser. Certains d'entre eux s'en fichent bien sûr ! Dans tous les métiers, il y a… euh pardon pour ce mot, mais c'est vrai… il y a des cons.
Les responsables politiques ne l'intéressent pas. Y compris au sommet. A force de couvrir et de parcourir des zones défavorisées, Lena a acquis la conviction que le pouvoir n'est plus depuis longtemps entre leurs mains. Elle a tant de fois touché du doigt leur impuissance dans différentes régions du monde que leur morgue, leur certitude de détenir les clés de l'action lui sont devenues insupportables. Alors que les dirigeants pensent maîtriser le cours des choses, des évènements et du monde, elle les sait dupes d'une cour qui les aveugle.
Le sentiment d'appartenance ne se mesure pas au nombre de papiers ni de passeports. Ce n'est pas en supprimant la double nationalité que l'on résoudra le problème, réel, des failles dans notre communauté nationale. C'est un fantasme ! Un fantasme, je te dis !
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Je suis musulmane mais j'adhère pleinement à la civilisation occidentale.
La fiction permet d'aller plus loin dans les sentiments, dans la contradiction des sentiments.
L'islam inculqué par ma grand-mère, l'éducation que j'ai reçue, tout cela est de moins en moins présent. Mais il n'a pas perdu. Car s'il a perdu, alors la bataille est perdue, et l'on dépose les armes. Il faut, au contraire, poursuivre le combat. En Tunisie, mon pays de naissance, il y a une capacité de résilience, de résistance. On a dit de ce pays qu'il était au bord du gouffre, qu'on dansait sur un volcan. Quand les islamistes gagnaient les élections, on pensait que c'était perdu. Or, à chaque fois, il y avait une petite flamme qui faisait que la situation se retournait. Les femmes ont joué un grand rôle, certes, mais toute la société civile a participé à ce sursaut. Cette nébuleuse qu'on appelle société civile prend ici tout son sens.
Je ne veux pas employer les mots « amalgame », « stigmatisation », car je les déteste. Il faut remettre en cause la manière dont, aujourd'hui en France, l'islam est pratiqué, il faut débattre de sa compatibilité avec les valeurs de la République. Si on souscrit à ce que dit Houellebecq, la sanction tombe. Et après, on fait quoi ? Si l'islam est dangereux, alors changeons de religion. Ce n'est pas possible. Je ne suis pas résignée.
Dans mon livre, Amra, l'ex-djihadiste, dit à la journaliste : « Vos églises sont vides. On en arrivera à les récupérer pour les transformer en mosquées, ces mosquées pas assez nombreuses pour nos pratiquants. ». Elle ajoute : « Nous ferons plein d'enfants qui porteront notre religion avec fierté, comme un étendard. » En résumé, elle dit que la civilisation occidentale est foutue. Pour Houellebecq, Michel Onfray, et d'autres, c'est la fin programmée de la civilisation judéo-chrétienne. Je pense que les valeurs de cette civilisation ne sont pas sa faiblesse, son talon d'Achille, mais sa force