Pour écrire l'histoire de sa propre vie, la mémoire ne suffit point, il faut encore l'imagination : j'entends l'imagination du souvenir, non pas celle qui invente, mais celle qui rassemble et ranime.

À lire aussi de Louise Ackermann

L'adolescence est consacrée à l'étude des oeuvres classiques. Elle peut, il est vrai, les exprimer, mais elle ne les comprend pas. L'ordre, la clarté, la parfaite mesure, ne peuvent pas être sentis au moment même où l'esprit est encore confus et désordonné.
Les causeurs sont des prodigues. Causer, c'est jeter son esprit par la fenêtre.
Le vers doit être à la fois transparent et fluide ; il faut qu'il laisse passer la lumière et qu'il coule.
Le poète est bien plus un évocateur de sentiments et d'images qu'un arrangeur de rimes et de mots.
Chez les romantiques, l'expression embrasse plus de pensées qu'elle n'en peut étreindre. De là son caractère vague et incomplet.
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Dans la même œuvre

Combien le coeur de l'homme est insuffisant ! Il se refuse à la continuité des plus justes douleurs ; un long amour finit par le lasser ; il faut qu'il se repose ou qu'il change.
Il est étrange que, parfaitement certains de la brièveté de la vie, nous prenions tant à coeur les intérêts qui s'y rapportent. Quelle est cette activité, ce mouvement, à l'entour de places et de richesses dont nous aurons si peu de temps à jouir ? Et ces pleurs sur des morts chéris que nous irons rejoindre demain ? L'homme sait tout cela, et cependant il s'agite, il s'inquiète, il s'afflige, comme si la fin de ces empressements et de ces larmes n'était pas prochaine, et nulle philosophie ne peut lui donner sur toutes choses l'indifférence qui convient à un condamné à mort sans espoir ni recours.
Il y a chez chacun de nous, surtout dans la jeunesse, quelque chose qui chante. La plupart des hommes ne se rendent pas compte de cette musique vague et fugitive ; le poète seul arrête au passage les divins accents.
L'adoucissement des moeurs se manifeste par le mouvement actuel contre la peine de mort. Il existe une répugnance croissante contre cet acte de cruauté sociale. Et la peine de l'enfer, qu'en disent messieurs les dévots ? Il me semble que leur Dieu, tout bon Dieu qu'il est, devrait bien venir prendre chez nous des leçons d'humanité.
Il en est de certains points culminants de notre vie comme des hautes montagnes : quelle que soit la distance qui nous en sépare, ils nous paraissent toujours proches.