Plus je prenais conscience que Jiazhen était atteinte d'une maladie inguérissable, plus je me sentais saisi d'épouvante. La vie passait tellement vite ! Dire qu'elle se trouvait dans un état pareil...En voyant son visage si maigre, je me rendais compte que, depuis son mariage, elle n'avait pas vécu un seul jour paisible avec moi. Jiazhen paraissait au contraire très contente.

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Je n'avais jamais explicitement écrit un roman sur la révolution culturelle. J'ai souvent tourné autour, je m'en suis servi en arrière-plan, mais je ne considérais pas cette période comme un personnage ou un sujet en soi. Avec Brothers, j'ai compris qu'il y avait un sens à confronter la révolution culturelle à l'époque contemporaine - des moments historiques parfaitement contradictoires et pourtant indissolublement liés. En quarante ans, nous sommes passés d'une période de répression totalitaire à une période de défoulement anarchique. La violence du défoulement de ces dernières années s'explique par celle de la répression passée.
C'est dans l'urgence que les situations se débloquent. L'homme ne trouve des solutions que le dos au mur. Avant cela, il n'en trouve pas, ou s'il en trouve il ne sait pas les mettre à exécution.
A compter de ce jour, ils ne mangèrent plus de brouet de maïs que deux fois par jour, une fois le matin, une fois le soir. Le reste du temps, ils le passaient au lit, sans un mot, sans un geste. Dès qu'on bougeait, le ventre se mettait à gargouiller et on avait faim. Calmement étendu sur le lit, sans dire un mot, sans faire un geste, on s'endormait.
La morale de l'époque était rigide et conservatrice : quand un garçon et une fille avaient couché ensemble, ils perdaient instantanément de leur valeur et n'étaient plus négociables que sur le marché de l'occasion.
A mon avis, mieux vaut vivre simplement. A se battre pour obtenir ceci ou cela, on perd la vie. Voilà pourquoi je suis toujours en vie, moi qui ne suis bon à rien, alors que les autres ne cessent de mourir autour de moi.
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Seul un Occidental qui aurait vécu quatre cents ans aurait pu vivre deux époques aussi dissemblables.
Une bicyclette Forever, qu'est-ce-que c'était ? A l'époque, l'équivalent d'une Mercedes ou d'une BMW, et notre district n'en touchait que trois par an. En ce temps-là, même quand on en avait les moyens financiers, on ne pouvait pas s'en procurer une neuve.
Sois tranquille Maman : s'il ne me reste qu'un bol de riz, il sera pour Li Guantou, et s'il ne me reste qu'une chemise, elle sera pour lui aussi.
- Soit tranquille, maman, je veillerai sur Li Guangtou toute ma vie. S'il ne me reste qu'un bol de riz, il sera pour lui, et s'il ne me reste qu'une chemise, elle sera pour lui aussi.
La morale de l'époque était rigide et conservatrice : quand un garçon et une fille avaient couché ensemble, ils perdaient instantanément de leur valeur et n'étaient plus négociables que sur le marché de l'occasion.