Sois tranquille Maman : s'il ne me reste qu'un bol de riz, il sera pour Li Guantou, et s'il ne me reste qu'une chemise, elle sera pour lui aussi.

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Ils attaquent la société contemporaine, qu'ils jugent trop individualiste et matérialiste. Mais si vous leur donnez 1 000 yuans, ils font votre éloge sur trois colonnes. Ils dénoncent l'argent, mais ils ne rêvent que de cela. En Chine, les éditeurs achètent les critiques, c'est ainsi.
Brothers est un roman chinois typique parce qu'il n'est pas formel. On mélange des bouts de réalité en espérant que cela ressemble à quelque chose, comme quand on fait la cuisine. Ce qui a choqué, c'est que j'ai servi la vie sans apprêt, la Chine toute crue.
Le mariage, la maison, ça se paye avec l'argent qu'on a gagné en vendant notre sang. Celui qu'on gagne dans les champs nous permet tout au plus de ne pas mourir de faim.
De nos jours, des fesses de femmes nues, on en voit partout, à la télévision, au cinéma, dans les VCD ou les DVD, dans les publicités ou dans les magazines, sur les stylos à bille ou les briquets ... Des postérieurs de toutes sortes, des postérieurs d'importation ou des postérieurs de fabrication chinoise ; des blancs, des jaunes, des noirs et des bruns ; des larges, des étroits, des gros et des maigres ; des lisses et des rugueux ; des jeunes et des vieux ; des faux et des vrais. On n'a que l'embarras du choix, et une paire d'yeux ne suffit pas pour tout regarder
Je n'avais jamais explicitement écrit un roman sur la révolution culturelle. J'ai souvent tourné autour, je m'en suis servi en arrière-plan, mais je ne considérais pas cette période comme un personnage ou un sujet en soi. Avec Brothers, j'ai compris qu'il y avait un sens à confronter la révolution culturelle à l'époque contemporaine - des moments historiques parfaitement contradictoires et pourtant indissolublement liés. En quarante ans, nous sommes passés d'une période de répression totalitaire à une période de défoulement anarchique. La violence du défoulement de ces dernières années s'explique par celle de la répression passée.
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Seul un Occidental qui aurait vécu quatre cents ans aurait pu vivre deux époques aussi dissemblables.
Une bicyclette Forever, qu'est-ce-que c'était ? A l'époque, l'équivalent d'une Mercedes ou d'une BMW, et notre district n'en touchait que trois par an. En ce temps-là, même quand on en avait les moyens financiers, on ne pouvait pas s'en procurer une neuve.
- Soit tranquille, maman, je veillerai sur Li Guangtou toute ma vie. S'il ne me reste qu'un bol de riz, il sera pour lui, et s'il ne me reste qu'une chemise, elle sera pour lui aussi.
La morale de l'époque était rigide et conservatrice : quand un garçon et une fille avaient couché ensemble, ils perdaient instantanément de leur valeur et n'étaient plus négociables que sur le marché de l'occasion.
De nos jours, des fesses de femmes nues, on en voit partout, à la télévision, au cinéma, dans les VCD ou les DVD, dans les publicités ou dans les magazines, sur les stylos à bille ou les briquets ... Des postérieurs de toutes sortes, des postérieurs d'importation ou des postérieurs de fabrication chinoise ; des blancs, des jaunes, des noirs et des bruns ; des larges, des étroits, des gros et des maigres ; des lisses et des rugueux ; des jeunes et des vieux ; des faux et des vrais. On n'a que l'embarras du choix, et une paire d'yeux ne suffit pas pour tout regarder