Vivre, se nourrir, se reproduire, accomplir la tâche pour laquelle on est né et mourir : ça n'a aucun sens, c'est vrai, mais c'est comme ça que les choses sont.
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Personne ne semble avoir songé que si la vie est absurde, y réussir brillamment n'a pas plus de valeur que d'y échouer.
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À lire aussi de Muriel Barbery
Ainsi vit-on sa vie d'homme, dans notre univers: il faut sans cesse reconstruire son identité d'adulte, cet assemblage bancal et éphémère, si fragile, qui habille le désespoir et, à soi devant sa glace, raconte le mensonge auquel on a besoin de croire.
Pour la première fois de ma vie, j'ai ressenti le sens du mot jamais. Eh bien, c'est terrible. On prononce ce mot cent fois par jour mais on ne sait pas ce qu'on dit avant d'avoir été confronté à un vrai «plus jamais».
Toutes les familles heureuses se ressemblent mais les familles malheureuses le sont chacune à leur façon est la première phrase d'Anna Karénine que, comme toute bonne concierge, je ne saurais avoir lu, non plus qu'il ne m'est accordé d'avoir sursauté par hasard à la seconde partie de cette phrase, dans un moment de grâce, sans savoir qu'elle venait de Tolstoï.
Aimer, ça ne doit pas être un moyen, ça doit être un but.
Dans la même œuvre
Nous parlons d'amour, de bien et de mal ... et nous accrochons à ces icônes respectables comme la tique assoiffée à son gros chien tout chaud.
Les hommes vivent dans un monde où ce sont les mots et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c'est la maîtrise du langage.
La Civilisation, c'est la violence maîtrisée, la victoire toujours inachevée sur l'agressivité du primate.
Les gens croient poursuivre les étoiles et ils finissent comme des poissons rouges dans un bocal.
Les psys sont des comiques qui croient que la métaphore, c'est un truc de grand sage.