Oui les enfants ont raison : vivre c'est ne pas encore avoir décidé du sens de la vie, pas plus que de la forme achevée d'une phrase, essayer, risquer, recommencer, raturer, aller ici en même temps que là-bas.

À lire aussi de Christian Bobin

La mort ne change pas une vie en destin. Mourir ne referme pas le livre à sa dernière page, texte enfin déchiffrable.
Le visage amoureux est visage des hauteurs.
La simple vie de chaque jour nous donne toute sa lumière puis s'en va, comme une invisible fiancée portant à son doigt une bague d'air, incrustée de silences scintillants.
Tout mariage est un subtil alliage de mort et de résurrection.
Les poètes traversent la vie avec entre leurs doigts une lettre de feu. Leurs livres en sont la cendre.
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Dans la même œuvre

Dans la vie on se nourrit les uns les autres et ensuite on se quitte.
Le monde va toujours vers le pire. Dès qu'on le laisse aller seul, le monde va vers la destruction du faible et du précieux en nous.
Et c'est quoi, la fin d'un livre. C'est quand vous avez trouvé la nourriture qu'il vous fallait, à ce jour, à cette heure, à cette page.
L'écriture, par le rythme d'une voix, le mouvement d'une phrase, calme la conscience ordinaire et réveille une conscience du dessous, plus fine, à vif : l'écrivain est à la fois anesthésiste et chirurgien. Il endort l'âme avant de l'ouvrir.
Je ne cherche jamais l'écriture. C'est elle qui me vient. C'est quelque chose qui sort du monde et qui me blesse. Ecrire c'est se découvrir hémophile, saigner de l'encre à la première écorchure, perdre ce qu'on est au profit de ce qu'on voit.