Les filles sont un autre monde, et je m'en souviendrai. Elles deviendront cet ailleurs difficile où je te reconnais, pays à inventer pour le bonheur de passer la frontière.
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On dit : « Je le lis seulement chez ma coiffeuse ». Comme si ce temps d'attente était une petite bulle de superficialité autorisée. On est là pour être plus beau, il y a une forme d'humilité à la reconnaître, alors on a le droit aussi d'être un peu plus bête
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Il n'y a pas de tendresse sans inquiétude. Aimer, c'est avoir quelqu'un à perdre, et c'est donc avoir peur
«On pourrait presque...» - C'est bon, la vie au conditionnel.
Il neige au fond de soi, dans un hiver inaccessible où le léger l'emporte sur le lourd. La neige est douce au fond de l'eau.
Trop tard? L'avenir sera ce que vous en ferez.
Dans la même œuvre
Ils ne devaient jamais se recevoir l'un chez l'autre. Ils se parlaient très peu. La presse, la télévision, le pays entier les comparaient sans cesse, les opposaient. Eux se coudoyaient sur le bitume. Il y avait la France de Jacques Anquetil et la France de Raymond Poulidor. On ne savait pas que c'était la même.
Pour l'orateur, les gens de qualité sont ceux qui l'écoutent.
Il n'y a pas de tendresse sans inquiétude. Aimer, c'est avoir quelqu'un à perdre, et c'est donc avoir peur
On vit près d'un enfant. On s'approche d'un mystère. Ses jolis mots nous touchent et nous amusent. Parfois, ils reposent sur une apparente maladresse de langage. Mais on sait bien. En fait, ils sont la marque d'une supériorité. Avec les mots que nous lui apprenons, il dit ailleurs et davantage.
L'homme est un animal singulier. Il a reçu le don de la parole, mais l'abrite souvent sous des précautions oratoires plus ou moins subtiles. « En tout état de cause », «en revanche», «en même temps» précèdent alternativement ce qu'il va dire. Mais la plus étrange est sans doute « c'est pas pour dire », suivie d'un mais qui annonce que l'on va dire beaucoup. En fait, il va moins s'agir de dire que de médire.