L'émerveillement est un frémissement aux marges du sens, de tout sens, il advient dans une pure gratuité, une suspension de questions
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Nous ne vivons pas qu'au présent. Nous sommes des alambics où se déposent les images et les sensations qui, avec le temps, entrent en travail et se redéfinissent. Aucune nostalgie, qui n'est qu'un regret, mais une réinvention de l'émotion, qui est un surcroît, un enrichissement de la sensation première.
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Ne jamais craindre la profusion, la générosité des mots et des gestes, l'abondance des déclarations - dire et offrir sans frein. Abonder.
Tu penses à deux vers simples de Roberto Juarroz : Aujourd'hui je n'ai rien fait / Mais quelque chose s'est fait en moi. La lumière qui perce le rideau annonce le printemps.
Désir et mélancolie : comme le recto et le verso d'une feuille, inséparables
On écrit pour apprendre ce qu'on pense, et pour penser enfin jusqu'au bout ce qui végète, inabouti, en soi. C'est pourquoi je me représente toujours l'écriture comme un déploiement
Dans la même œuvre
Cette poésie qui déjoue nos façons d'entendre les mots, qui les démembre puis les réassemble pour les faire sonner selon d'autres réseaux d'autres significations, que provoque-t-elle en moi, sinon l'émerveillement ?
S'émerveiller résulte souvent, devant la beauté du monde comme devant l'invention artistique, d'une déroute de nos habitudes
Il faut s'arrêter devant le réel, et cet arrêt seulement rend possible l'émerveillement
L'oeuvre d'art peut même nous émerveiller tant que soudain elle nous happe et nous absorbe.
Le regard émerveillé est généreux, il se pose sur le spectacle et en jouit sans vouloir prendre, altérer ou posséder, il ne demande qu'à être partagé