Mon mot préféré est Luciférienne. Lucifer est un mot magnifique, au vu de l'harmonie des syllabes, son sens premier est excellent, porteur de lumière. Introduire la féminité dans le diabolisme me plaît !

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Je regarde le monde à travers des lunettes merveilleuses que sont les langues.
Avec le tout-informatique, les personnes âgées ne peuvent plus échapper au langage des jeunes, ce n'est plus cloisonné comme avant.
Nous observons que certains jeunes utilisent des termes issus de la bouche de leurs grands-parents. Ainsi, ils les réactualisent et empêchent la disparition de tout un vocabulaire. Je pense à la phrase admirable d’Amadou Hampâté Bâ: « Un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle. » C’est très vrai. La langue se construit partout.
Le dictionnaire doit s'alimenter au réel.
On n'est pas très heureux quand il y en a beaucoup. Mais ce n'est pas nous qui choisissons. C'est un enrichissement sauvage, on adopte parfois des anglicismes qui ne sont pas nécessaires et qui ont un équivalent en français. Mais, il y a des anglicismes depuis le Moyen Age. Et le français a plus enrichi la langue anglaise que l'inverse.
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Aujourd'hui, la circulation des mots par l'intermédiaire des médias est complètement mémorisée et accessible par la numérisation. Les chiffres de Google ne sont pas forcément fiables, mais leurs ordres de grandeur oui. Quand le terme « selfie » revient à des millions d'occurrences, on ne pas faire comme s'il n'existait pas. Notre critère est donc la fréquence d'emploi, mais en dessous d'un certain seuil, il y a des choix idéologiques qui se font, autour de l'importance du concept. Le dictionnaire n'a pas le droit de passer à côté de certains termes.
Nous sommes moralement et éthiquement obligés de définir des mots nouveaux même s'ils ne plaisent pas. Maurice Druon me reprochait déjà à l'époque de « ramasser les mots dans le ruisseau », au nom du purisme du français de l'Académie française. Le dictionnaire est un observatoire, pas un conservatoire.
Je me suis battu par exemple pour qu'on garde dans Le Robert les injures racistes, tout en le spécifiant. Combattre quelque chose en le niant est la politique la plus sotte qui soit.
Le petit Robert a une dimension historique qui plus est, rien ne doit sortir. Les enfants disaient « t'es un bouffon », ils disent maintenant « t'es un bolos », donc nous gardons les deux!
Quand on a créé le mot « ordinateur » , on a d'ailleurs fait une très belle opération par rapport à l'anglais « computer ». Car l'ordinateur est plus un metteur en ordre qu'un compteur!