Nous sommes moralement et éthiquement obligés de définir des mots nouveaux même s'ils ne plaisent pas. Maurice Druon me reprochait déjà à l'époque de « ramasser les mots dans le ruisseau », au nom du purisme du français de l'Académie française. Le dictionnaire est un observatoire, pas un conservatoire.
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Quand on a créé le mot « ordinateur » , on a d'ailleurs fait une très belle opération par rapport à l'anglais « computer ». Car l'ordinateur est plus un metteur en ordre qu'un compteur!
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La langue française ne s’appauvrit pas, au contraire. Des mots nouveaux naissent chaque année. Regardez les régionalismes! Certains passent dans le français national. C’est le cas notamment des mots de la nourriture, comme le magret de canard. Aujourd’hui, on trouve le terme normal or on devrait parler de « maigret de canard ». Car le «magret» est un nom provençal, occitan qui veut dire « le petit maigre ».
Une langue est faite pour exprimer le monde, il faut qu'elle s'enrichisse sans cesse pour coller au réel.
A part le cercueil, je ne vois pas d'autre retraite. Je suis en alerte depuis que je suis gamin. Dès que j'étais confronté à un mot que je ne connaissais pas, j'avais envie de savoir !
Aujourd'hui, la circulation des mots par l'intermédiaire des médias est complètement mémorisée et accessible par la numérisation. Les chiffres de Google ne sont pas forcément fiables, mais leurs ordres de grandeur oui. Quand le terme « selfie » revient à des millions d'occurrences, on ne pas faire comme s'il n'existait pas. Notre critère est donc la fréquence d'emploi, mais en dessous d'un certain seuil, il y a des choix idéologiques qui se font, autour de l'importance du concept. Le dictionnaire n'a pas le droit de passer à côté de certains termes.
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Aujourd'hui, la circulation des mots par l'intermédiaire des médias est complètement mémorisée et accessible par la numérisation. Les chiffres de Google ne sont pas forcément fiables, mais leurs ordres de grandeur oui. Quand le terme « selfie » revient à des millions d'occurrences, on ne pas faire comme s'il n'existait pas. Notre critère est donc la fréquence d'emploi, mais en dessous d'un certain seuil, il y a des choix idéologiques qui se font, autour de l'importance du concept. Le dictionnaire n'a pas le droit de passer à côté de certains termes.
Nous sommes moralement et éthiquement obligés de définir des mots nouveaux même s'ils ne plaisent pas. Maurice Druon me reprochait déjà à l'époque de « ramasser les mots dans le ruisseau », au nom du purisme du français de l'Académie française. Le dictionnaire est un observatoire, pas un conservatoire.
Je me suis battu par exemple pour qu'on garde dans Le Robert les injures racistes, tout en le spécifiant. Combattre quelque chose en le niant est la politique la plus sotte qui soit.
Le petit Robert a une dimension historique qui plus est, rien ne doit sortir. Les enfants disaient « t'es un bouffon », ils disent maintenant « t'es un bolos », donc nous gardons les deux!
Il y a une formule que j'adore, mais qui fait bondir les pédagogues : « la faute d'aujourd'hui est la norme de demain » . Les fautes de l'ancien Français sont devenues les règles, sans quoi le français n'aurait pas évolué par rapport au latin. Quand une langue est écrite, elle acquiert une solidité et une résistance, mais en même temps, elle se durcit par rapport à l'oral. On perd la spontanéité et la musique d'une langue quand on l'écrit.