Il s'agit d'une société laïque, poursuivit-il. Aussi n'est-ce pas Dieu, mais plutôt le réchauffement climatique. Mais, l'idée est la même, à savoir que nous sommes responsables de ce qui nous arrive. Cette secte, apparue dans l'Idaho, celle dont tous les adhérents se sont donnés la mort pour effacer leur empreinte carbone, voilà qui pourrait sortir tout droit du Moyen-Age.
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Mais moi, j'étais calme, planant en permanence à trois mètres au dessus de mon corps. Peut-être qu'avec moi n'était pas différent qu'être tout seul. Vous pouviez être aussi rustre que vous le vouliez, après. C'était sans doute ça qui plaisait en moi.
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Débusquer le poil rebelle sur un genou ou sous les aisselles exigeait beaucoup de travail, de dévouement. Il fallait passer assez de temps devant le miroir chaque jour pour s'assurer que lorsqu'on s'en éloignait, on emportait avec soi l'image que l'on voulait donner au reste du monde.
Il n'y a rien de pire qu'une génération de jeunes désœuvrés. C'est la raison pour laquelle on a lancé jadis les croisades
Tout était secret. Le pays tout entier était un secret, et la Sibérie en était, en son centre, le vaste et blanc secret.
Personne ne naît sans héritage. Comment avait-elle pu croire pendant toutes ces années, qu'il en était autrement ? Holly aurait dû savoir mieux que quiconque que les gènes sont le destin. Que le passé réside en soi. Qu'à moins de le trancher ou de se le faire amputer par opération chirurgicale, il vous suit jusqu'au jour de votre mort.
Dans la même œuvre
Je n'avais jusqu'alors jamais ressenti le besoin de regarder un homme comme les hommes semblent regarder les femmes -ces femmes sur les couvertures glacées des magazines, les hanches en avant et la bouche brillante à moitié ouverte, ou sur les affiches- ces femmes provocatrices qui surgissent des téléviseurs pendant que leurs maris, assis dans leurs fauteuils, s'efforcent de ne pas les regarder devant leurs épouses, tout en le faisant.
Au drugstore, ces hommes se plantaient toute la journée devant les présentoirs des magazines, ils regardaient des pages et des pages de femmes qu'ils ne rencontreraient jamais, qu'ils ne toucheraient jamais, dont ils ne connaîtraient jamais ni le nom ni la voix : des femmes aplaties, unidimensionnelles, qui tripotaient leurs mamelons, en regardant dans le vide. Dans le néant qui se trouvait devant elles. Étalées, ces femmes n'étaient que des angles et des lignes, de la lumière sur de l'ombre et, quand je les regardais, je me souvenais toujours d'avoir lu au lycée, dans notre livre de sociologie, un texte sur une tribu primitive perdue, dont les membres ne voulaient pas laisser l'homme blanc les photographier, parce qu'ils pensaient que les caméras leur volaient leur âme.
Ces femmes en étaient la preuve, me disais-je. Le monde n'était qu'une fausse toile de fond, comme si rien n'avait jamais existé et n'existerait jamais devant ou derrière elles.
La lune est une faucille nette et, de temps à autre seulement, un lambeau de nuage se heurte à sa lame. Si vous tendez votre main devant vous, elle s'emplit d'argent, comme celui d'un trésor dérobé. Vous le rendez aux ténèbres en fermant votre poing, et même les étoiles sifflent le spectacle. Certaines tombent quand vous regardez bien le ciel. Une poignée de planètes glisse dans la rivière - trop rapidement pour qu'on les attrape, même avec un filet.
Ces hommes savent. Ces hommes-là sentent toutes les filles qui passent sur leur chemin, avec leur vernis à ongles rose et leurs socquettes, avec leurs livres de classe serrés contre leur poitrine. Ces hommes-là savent tendre le nez dans la brise et ils savent toujours quelles sont les filles qui courront dans la mauvaise direction, à tous les coups. Celles qui ne diront jamais rien à qui que ce soit, la honte serpentant dans leurs veines comme un fin fil bleu; elles seront juste surprises d'être encore en vie.