Seul celui qui a totalement accepté la solitude peut prétendre être accompagné.
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Mais d'où cela vient-il donc que mon corps entier se mette à sourire. Ma tristesse inutile s'est dilapidée aux quatre vents de cet océan de terre, poussière d'écume insignifiante éparpillée dans ce tourbillon de calme. Le paysage est libre. Libre. C'est le singulier épousé par l'unité du tout. Socrate dit que « la sagesse commence dans l'émerveillement ».
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À lire aussi de Lorette Nobécourt
Dieu se réveillera-t-il un jour de sa sieste ou le rêve du monde se poursuivra-t-il aussi longtemps que son sommeil ?
Je mesure quelle plénitude porte le manque constitutif sur lequel s'est fondée mon existence. Et ce que vingt-cinq ans de lutte pour écrire dans le manque ont apporté à mon travail et à ma vie. Une confiance, une exigence que même l'abondance ne saurait plus défaire.
Oui, n'en déplaise aux marchands, aux esthètes, aux cyniques, aux épargnants, aux religieux et aux athées, la vie se conjugue dans la dépense, le don, l'ouverture, l'acceptation, la perte.
On n'écrit jamais par loisir mais pour ne pas mourir. Et ainsi l'on meurt à soi pour assumer de naître au verbe.
Dans la même œuvre
Je suis tranquille. J'ai un livre et de quoi écrire. Le temps peut aller, j'entre dans celui qui est hors.
La plupart des couples, absents l'un à l'autre, voyagent seuls à deux. C'est étrange comme ici les gens seuls semblent davantage "avec". C'est un paysage qui appelle la solitude. Par son immensité, sa puissance tranchante, il témoigne d'une vérité qui ne supporte aucun artifice. Face aux fjords, seule la solitude ne triche pas. L'indifférence du paysage est proche de l'amour.
Oui, retourner à la littérature, le seul lieu où l'ici et l'ailleurs sont enfin une même et unique existence.
Le voyage n'a de sens que s'il est issu d'une nécessité sensible.
Est-ce donc cela qui est nécessaire pour que l'homme cherche enfin son ailleurs en lui ? Son absolu, son infini ? faudra-t-il que la mondialisation s'étende jusqu'à nous plaquer littéralement aux parois du néant pour que nous nous résolvions enfin à nous retourner vers le dedans ?