Est-ce donc cela qui est nécessaire pour que l'homme cherche enfin son ailleurs en lui ? Son absolu, son infini ? faudra-t-il que la mondialisation s'étende jusqu'à nous plaquer littéralement aux parois du néant pour que nous nous résolvions enfin à nous retourner vers le dedans ?

À lire aussi de Lorette Nobécourt

Quel est le sens de la vie? Si j'ai renoncé à l'espoir d'une révélation, je n'ai pas abandonné pour autant la force si douce et si secrète de la compréhension.
Et pourquoi sommes-nous incapables de reposer là d'où nous venons, là où nous avons toujours été, dans la demeure de l'amour, là où enfin commencerait le vrai voyage ? Dans quelle Patagonie intérieure trouverai-je le repos ? Dans quelle Terre de Feu qui ne me brûlerait plus ?
Le hasard, c'est l'Esprit qui se promène, invisible et vagabond.
Ce sont quelques individus qui font le sens de toute une vie.
Oui, n'en déplaise aux marchands, aux esthètes, aux cyniques, aux épargnants, aux religieux et aux athées, la vie se conjugue dans la dépense, le don, l'ouverture, l'acceptation, la perte.
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Dans la même œuvre

Je suis tranquille. J'ai un livre et de quoi écrire. Le temps peut aller, j'entre dans celui qui est hors.
La plupart des couples, absents l'un à l'autre, voyagent seuls à deux. C'est étrange comme ici les gens seuls semblent davantage "avec". C'est un paysage qui appelle la solitude. Par son immensité, sa puissance tranchante, il témoigne d'une vérité qui ne supporte aucun artifice. Face aux fjords, seule la solitude ne triche pas. L'indifférence du paysage est proche de l'amour.
Mais d'où cela vient-il donc que mon corps entier se mette à sourire. Ma tristesse inutile s'est dilapidée aux quatre vents de cet océan de terre, poussière d'écume insignifiante éparpillée dans ce tourbillon de calme. Le paysage est libre. Libre. C'est le singulier épousé par l'unité du tout. Socrate dit que « la sagesse commence dans l'émerveillement ».
Oui, retourner à la littérature, le seul lieu où l'ici et l'ailleurs sont enfin une même et unique existence.
Le voyage n'a de sens que s'il est issu d'une nécessité sensible.