Quand l'idée vient, il faut s'y mettre tout de suite, sinon elle moisit et je n'ai plus envie. Quand je suis sur un album, je ne pense plus qu'à lui. Je me lève, je prends mon petit déjeuner et je me mets à ma table. J'arrête quand je suis moulue. Ou alors je travaille jusque vers 8 ou 9 heures du soir, avec un verre. J'aime bien. Les gens ne pensent pas que la bande dessinée, c'est du boulot. Mais un album me prend environ un an et demi. Davantage, s'il y a des choses techniques à dessiner. Comme des Vélib' ou des voitures. Je déteste ça !
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Mai 68, c'était un truc pour étudiants dorés sur tranche!
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Je suis ravie de gagner ma croûte en faisant un truc marrant classé comme un art mineur.
Mon dessin relève moins du sens de l'observation que du sentiment d'appartenir à un groupe social. Je parle toujours plus ou moins de moi-même, et mes personnages se moquent beaucoup de mes propres travers.
À l'époque, l'idée m'est venue d'une espèce d'admiration générale pour les ados. Quoi qu'ils fassent, même si c'était des conneries, leurs parents les trouvaient géniaux. « Machinette a fait ça, c'est formidable, non ? » Tout était ainsi. Évidemment, quand on arrive à la came, à la prostitution et au hold-up, c'est moins sympa ! Mais il y avait un regard à la fois tragique, admiratif et envieux sur ces jeunes. C'est de cette ambiance qu'est née Agrippine. Comme mon livre sur les femmes enceintes, que j'ai fait à 40 ans, quand toutes mes copines étaient en cloque.
J'ai des aptitudes très développées à ne rien faire du tout. Je ne suis pas une graphomane, comme Cabu, qui dessine dans ses poches ou derrière son dos. Quand je travaille à un album, c'est tellement fatigant, prenant et sans répit que j'aime bien, ensuite, m'arrêter complètement.
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La plupart des gens qui vieillissent disent qu'ils ne se sont jamais sentis aussi jeunes. Moi je ne me suis jamais sentie aussi vieille.