Ma main serrait malgré elle l’épaule de Vanessa ; elle s’éveillait toute lourde ; sur son visage ren Gracq Julien

Ma main serrait malgré elle l’épaule de Vanessa ; elle s’éveillait toute lourde ; sur son visage renversé je voyais flotter au-dessous de moi ses yeux d’un gris plus pâle, comme tapis au fond d’une curiosité sombre et endormie – ces yeux m’engluaient, me halaient comme un plonger vers leurs reflets visqueux d’eaux profondes ; mes bras se dépliaient, se nouaient à moi en tâtonnant dans le noir ; je sombrais avec elle dans l’eau plombée d’un étang triste, une pierre au cou.
Le Rivage des Syrtes (1951)
Citations de Julien Gracq
Julien Gracq

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