Lorsqu'on quitte un lieu de bivouac, prendre soin de laisser deux choses. Premièrement: rien. Deuxièmement: ses remerciements.

À lire aussi de Sylvain Tesson

La Terre accomplit chaque année sa révolution avec beaucoup de discipline.
Une régate de femmes voilées sur le trottoir d'une ville d'Islam.
Nous distillons le temps pour nous affranchir de l'espace.
Qui d'entre nous n'est pas tiraillé entre le désir de cultiver son jardin et celui de sauter à la gorge de l'aventure ?
On peut opposer deux stratégies au temps. Celle du moustique qui s'offre une orgie de sang et de lumière ou bien celle de la tortue à la longévité sacrificielle. L'homme pourrait choisir une voie médiane, alternant accélérations et pauses létales. Mais depuis que nous sommes gouvernés par les machines, c'est l'accélération qui prime. Avec la massification et la numérisation, elle est le fait social de notre temps.
Toutes les citations de Sylvain Tesson →

Dans la même œuvre

Trop de facilité recouvre l'âme de suie.
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence - toutes choses dont manqueront les générations futures?
En ville, chaque acte se déroule au détriment de mille autres. La forêt resserre ce que la ville disperse.
S'installer dans le réduit d'une hutte sibérienne, c'est gagner la bataille contre l'ensevelissement des objets.
Un bois n'a jamais refusé l'asile. Les princes, eux, envoyaient leurs bûcherons pour abattre les bois. Pour administrer un pays, la règle est de le défricher. Dans un royaume en ordre, la forêt est le dernier bastion de liberté à tomber.