La cour d'assises est une arène, un théâtre violent, un âpre lieu de parole au sein duquel un balbutiement peut faire basculer le verdict d'un côté ou de l'autre.
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Les vrais innocents n'ont pas toujours grand-chose à dire, à part qu'ils sont innocents.
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En réalité, plusieurs formes de justice coexistent. Celle que l’on rend dans l’enceinte judiciaire, avec ses règles et ses procédures. Et celle qui s’exerce au café du commerce, entre chien et loup, dans l’odeur du café et de l’anisette...
Je ne suis pas modeste, c’est une certitude. Quand j’enlève ma robe noire, mon costume d’avocat, je ne suis pas sûr de moi. Pas du tout sûr de moi.
Tout le monde ment, même les honnêtes gens.
On ne sait pas raconter la violence extrême de cet instant où la foudre s’abat sur ce box, prenant le nom de justice rendue au nom d’un peuple français qui, en réalité ne sait pas grand-chose de sa justice et signe des chèques en blanc à ceux qui la font passer .
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L'impartialité, c'est comme la beauté : il faut laisser aux autres le soin d'en juger.
Je peux défendre un révisionniste mais je ne défendrais jamais le révisionnisme.
En matière judiciaire, la morale a souvent le visage des évidences trop faciles et les oripeaux de la présomption de culpabilité.
Rien n'est plus éloquent que le silence, aux assises comme dans tous les lieux sacrés.
Laissez-moi vous emmener aux assises. Regardez comment, aujourd’hui, dans notre pays qui se veut celui des Droits de l’homme, on juge un homme pour un crime de sang. Observez le président quand il pose ses questions, devinez qui l’agace le plus : l’accusé, l’avocat qui le défend, ou l’avocat général qui l’accuse ? Prêtez attention aux arguments de ce dernier, chargé de prouver la culpabilité de l’homme du box : Est-il convaincant ? Fait-il des efforts pour l’être ?