Au fil du repas, je fus impressionné par l'assurance avec laquelle il débitait ses lieux communs, et par la bonne grâce dans lesquels ils baignaient. J'attendais toujours qu'il laissât affleurer quelque chose de plus que cette anodinité étudiée, mais il n'émergeait du superficiel que du superficiel. Ce qu'il a en lieu et place de personnalité, c'est sa fadeur bienveillante, pensai-je ; il en rayonne.
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Les prêtres, ils n'ont jamais eu des idées avancées, sinon ils se seraient pas faits prêtres.
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Le problème avec la vie, c'est que l'on ne sait vraiment pas du tout ce qui se passe.
La singularité est indéniable, mais si remarquablement différentes que soient les vies des individus, elles sont toutes vouées à connaître une fin identique, et elles sont toutes hantées par cette destination effrayante et inéluctable qu'est la mort.
On lutte contre sa propre superficialité, son manque de profondeur, pour essayer d'arriver devant autrui sans attente irréaliste, sans cargaison de préjugés, d'espoirs, d'arrogance; on ne veut pas faire le tank, on laisse son canon, ses mitrailleuses et son blindage; on arrive devant autrui sans le menacer, on marche pieds nus sur ses dix orteils au lieu d'écraser la pelouse sous ses chenilles; on arrive l'esprit ouvert, pour l'aborder d'égal à égal, d'homme à homme comme on disait jadis. Et, avec tout ça, on se trompe à tous les coups. Comme si on n'avait pas plus de cervelle qu'un tank.
C'est dégoûtant, c'est pire que dégoûtant. Lentement mais sûrement, ça ne dérange plus personne, en Amérique, que Lindbergh lèche les bottes de Hitler.
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Les prêtres, ils n'ont jamais eu des idées avancées, sinon ils se seraient pas faits prêtres.
J'étais une biographie en mouvement, une mémoire jusqu'à la moelle des os.
Il n'est guère étonnant que les bribes de réalité que tel chérit comme la trame de sa biographie, tel autre ... les considère comme un voyage en Grande Mythomanie.
Comme si quelqu'un qui a dépassé l'âge de dix ans pouvait croire qu'on peut subjuguer d'un sourire (si gentil et si chaleureux fût-il) toutes les agressions de l'existence, tout maîtriser quand le bras puissant de l'imprévu vient s'abattre sur vous.
C'est même comme ça qu'on sait qu'on est vivant : on se trompe. Peut-être que le mieux serait de renoncer à avoir tort ou raison sur autrui et continuer rien que pour la balade.