Les peuples, comme les prisonniers dans un camp, sont d'une extrême sensibilité, la moindre petite rumeur les bouleverse.

À lire aussi de Boualem Sansal

Avec les loups il faut hurler ou faire semblant de hurler, bêler est la dernière chose à faire.
Dans un monde né de la religion, tout messager est un prophète, tout accompagnateur est un apôtre qui revient de loin ; qui s'interroge et discutaille est un hérétique.
Dieu appartient à qui s'approprie son message.
Pour des gens qui ne sont jamais sortis de leur peur, l'ailleurs est un abîme.
La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité.
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Dans la même œuvre

Mécroire, c'est refuser une croyance dans laquelle on est inscrit d'office mais, et c'est là que le bât blesse, l'homme ne peut se libérer d'une croyance qu'en s'appuyant sur une autre.
La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité.
C'était le regard d'un homme qui, comme lui, avait fait la perturbante découverte que la religion peut se bâtir sur le contraire de la vérité et devenir de ce fait la gardienne acharnée du mensonge originel.
Mais voilà, il y a culture et culture, celle qui additionne des connaissances, et celle plus courante qui additionne des carences.
Les plus dangereux sont ceux qui ne rêvent pas, ils ont l'âme glacée.