Un grand oiseau brun se tenait sur le rebord [de la fenêtre], nous observant à travers la vitre d'un oeil vigilant et sans effroi, si semblable à la corneille que j'avais remarquée le matin même qu'un petit frisson d'inquiétude me parcourut.
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Les mystères ne sont pas tous douloureux. Il y aussi des mystères heureux !
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Mon mari rentrait du Garden-Club, situé à trente kilomètres de chez nous, où il passait la journée à tenter de convaincre des couples aisés et respectables d'acheter pour l'éternité une semaine de vacances annuelle en des lieux aussi variés qu'idylliques du monde entier, une toute petite semaine par an, certes, mais dont Pierrot se chargeait de montrer qu'elle serait inoubliable et de faire comprendre qu'elle s'ajouterait à d'autres semaines inoubliables au cours des années, ce qui, au bout du compte, offrait aux clients quelques centaines de journées merveilleuses pour une somme, assenait alors Pierrot, presque indignement dérisoire.
Contre la mélancolie, contre les regrets, le bon sens et le cynisme ne peuvent rien.
e suis d'abord sensible à l'écriture, à l'esthétique. Je cherche la musique des phrases, l'harmonie souterraine qui se dégage d'un livre d'imagination et qui fait que l'on a l'impression qu'il n'aurait pas pu être écrit autrement.
Les livres qui me restent le plus profondément en mémoire sont souvent ceux dans lesquels je n'ai pas toujours tout compris ou dont je ne suis pas absolument sure du sens final !
Dans la même œuvre
Je n'écris ni en tant que femme, ni en tant que femme noire. Je ne me définis pas comme une femme noire, née en France en 1967. Ce sont des notions factuelles qui n'ont pas d'importance, s'agissant de mon écriture. J'écris en tant qu'être humain.
Je ne suis pas un écrivain engagé. L'écrivain engagé a tendance à être peu subtil car il doit faire passer un message. Dans ses textes, il n'y a pas de place pour l'ambiguïté. Moi, au contraire, j'aime travailler dans l'ambivalence parce qu'il me semble qu'elle nous fait réfléchir davantage.
e suis d'abord sensible à l'écriture, à l'esthétique. Je cherche la musique des phrases, l'harmonie souterraine qui se dégage d'un livre d'imagination et qui fait que l'on a l'impression qu'il n'aurait pas pu être écrit autrement.
Ce qui fait la grandeur d'un roman, c'est aussi la manière dont la psychologie des personnages y est travaillée. C'est important car le destin des personnages est sans doute ce qui nous reste en mémoire.
Un écrivain travaille aussi avec ce qu'il a sous la main. Je n'ai pas connu la guerre. Je n'ai jamais exercé une profession. Je n'aurais pas pu écrire sur ces sujets. J'écris sur ce que je connais le mieux. En l'occurrence, la famille.