Les histoires sont des maisons aux murs de papier, et le loup rôde.

À lire aussi de Franck Bouysse

Il se demande si c'était ça, la vie, être en quête de souffrances au travers des autres, pour souffrir moins soi-même, ce qui produit des noeuds dans la corde qu'est l'existence.
La terre n'avait pas créé les obstacles pour que les hommes les surmontent et se rapprochent ainsi du Ciel, elle les avait créés pour rien, simplement parce que çà lui chantait.
Dans la vie, y a ce qui nous arrive sans qu’on l’ait décidé, et, pour le reste, les hommes ont des choix à faire, sinon, tous autant qu’on est sur ce foutu Plateau, on crèverait dans le même lit. Si y en a qui s’en sortent mieux que les autres, c’est qu’ils savent attraper ce qui se présente sans faire la fine bouche. La morale et toutes ces conneries qu’on nous apprend à l’église, ça a jamais rendu les gens moins malheureux.
J'aime pas les saisons d'ici. Y a jamais rien qui change durablement, rien à espérer que de dérouler une corde que d'autres ont enroulée pour nous, rien qui vaille la peine de se battre. On gagne jamais, on attend que ça se passe.
Il faut dire que les enfants ça n'a pas de pitié en eux, ils appuient sur la tête des plus faibles pour ne pas se deviner.
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Dans la même œuvre

Les retours ne sont jamais sereins, toujours nourris des causes du départ.
Être lâche, c’est pas forcément reculer, ça peut simplement consister à faire un pas de côté pour plus rien voir de ce qui dérange.
Les mots, j'ai appris à les aimer tous, les simples et les compliqués que je lisais dans le journal du maître, ceux que je comprends pas toujours et que j'aime quand même, juste parce qu'ils sonnent bien. La musique qui en sort souvent est capable de m'emmener ailleurs, de me faire voyager en faisant taire ce qu'ils ont dans le ventre, pour faire place à quelque chose de supérieur qui est du rêve. Je les appelle des mots magiciens : utopie, radieux, jovial, maladrerie, miscellanées, mitre, méridien, pyracantha, mausolée, billevesée, iota, ire, parangon, godelureau, mauresque, jurisprudence, confiteor, et tellement d'autres que j'ai retenu sans effort, pourtant sans connaître leur sens
C’est tout le problème des bonnes gens, ils savent pas quoi faire du malheur des autres. S’ils pouvaient en prendre un bout en douce, ils le feraient, mais ça fonctionne pas comme ça, personne peut attraper le malheur de quelqu’un, même pas un bout, juste imaginer le mal à sa propre mesure, c’est tout.
Nous n'avons rien à espérer du passé. Ce sont les hommes seuls qui ont l'audace d'inventer le temps, d'en faire des cloisons pour leur vie. Pas un seul ne peut vivre assez longtemps pour se croire exister, pas un seul n'est en mesure de saisir la vie quand elle le traverse.